Les libéraux n’aiment pas les femmes, Aurélie Lanctôt

« Dans les faits, l’austérité affecte l’ensemble des citoyens, mais c’est encore pire pour les femmes », lance la jeune intellectuelle Aurélie Lanctôt dans ce bref essai très efficace. Critique solidement argumentée de la politique d’austérité du gouvernement Couillard, ce livre montre d’abord que l’obsession de l’équilibre budgétaire, qu’on se propose d’atteindre uniquement par des compressions dans le secteur public, est une trahison du rôle émancipateur de l’État et nous enferme dans une conception platement comptable du monde, qui tue la solidarité et le lien social. Il montre aussi, c’est son originalité, que cette politique d’austérité ne sert en rien « les générations futures » et accable particulièrement les femmes, plus nombreuses à travailler dans les secteurs public (santé, éducation) et communautaire, et pour qui l’accès au monde du travail, de même qu’à l’égalité, dépend directement de l’existence d’un réseau public de garderies à bas tarifs, collectivement financé. On savait que l’austérité était toxique. Grâce à Aurélie Lanctôt, on le sait encore plus et mieux.

Les libéraux n’aiment pas les femmes

Aurélie Lanctôt, Lux, Montréal, 2015, 128 pages