Satyriasis (mes années romantiques), Guillaume Lambert

Comédien et scénariste né en 1984, Guillaume Lambert signe un premier roman sur le thème de l’obsession, une plaquette captivante, un monologue qui se dévore d’un seul trait. Au-delà de son caractère éminemment autofictionnel, le livre, qui aurait très bien pu s’intituler La vie sexuelle de Guillaume L., est surtout introspectif au sens le plus noble du terme. Confessions érotiques d’un jeune gai en quête d’absolu, le récit est impudique, cru et un brin nihiliste, nécessairement narcissique, parfois même complaisant, mais surtout honnête, démesurément romantique et le plus souvent porté par une savoureuse dérision. « À l’aube de la trentaine, j’ai raté ma vie. J’ai absolument tout raté. Tout, autour de moi, est faux, construit sur des bribes d’amitié et de romance, éphémères et insolites. » Adoptant un style quelque peu durassien, empruntant allègrement au jargon des réseaux sociaux, le roman traduit avec justesse la cruauté de l’abandon amoureux et les affres de la compulsion sexuelle. « Restera la sensation d’avoir touché le fond, à se demander ce qui était vrai et ce qui était faux, ce qui a bien pu servir cette histoire. »

Satyriasis (mes années romantiques)

Guillaume Lambert, Leméac, Montréal, 2015, 120 pages