Les Français émigrés au Canada pendant la Révolution française et le Consulat

La question des réfugiés politiques ne date pas d’hier. En 1794, le gouverneur Dorchester fait adopter une loi sur les étrangers afin d’enrayer l’immigration française au Bas-Canada. Cette barrière législative visant les espions et les agitateurs restera en vigueur jusqu’à la chute de Napoléon, explique Marcel Fournier dans Les Français émigrés au Canada pendant la Révolution française et le Consulat. L’historien n’a recensé qu’une centaine de Français établis dans la colonie en marge des troubles révolutionnaires contre 25 000 pour les États-Unis. Réfractaires à l’immigration des laïcs, les autorités coloniales britanniques sont plus accueillantes envers les prêtres réactionnaires. Le Bas-Canada en recevra une cinquantaine, ce qui représente le tiers de son clergé. « La présence de ces prêtres royalistes ne pouvait qu’alimenter auprès des populations qu’ils desservaient un sentiment favorable aux institutions britanniques et néfastes aux préceptes de la Révolution », écrit Fournier. Truffé de données statistiques, cet ouvrage plaira surtout aux chercheurs, qui y trouveront un dictionnaire des immigrants français dont le parcours a été retracé par l’auteur.

Les Français émigrés au Canada pendant la Révolution française et le Consulat

Marcel Fournier, Septentrion, Québec, 2015, 277 pages

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