Malgré tout, la poésie

Hugues Corriveau Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Serait-ce l’événement de l’automne ? Les Écrits des Forges annoncent, pour octobre, deux anthologies essentielles, d’une part celle de Denis Vanier, sans titre pour l’instant, et, d’autre part, Les joyaux de la colère de l’essentiel Gilbert Langevin. Mais dès septembre, le poète Jean-Noël Pontbriand nous décrira certaines Naissances, et nous retrouverons Jean-Sébastien Ménard Debout sur la terre, afin de témoigner devant la beauté, « parce qu’il est encore temps de ne pas s’effondrer ». En octobre nous arrivera l’Album triple de Marco Geoffroy.

Aux Herbes rouges, deux livres attendus, soit Personne et le soleil de Louise Bouchard, qui écrit une oeuvre d’une très grande force, où le ton est grave. Marcel Labine nous amènera Vivre à Poets’ Corner, lieu-dit improbable dont il ne subsiste que quelques métamorphoses. On y découvrira aussi la Marie de Claude Paré.

Journaux et lettres

Chez les Poètes de brousse, retenons Philippe More, qui nous décrira Les âges concentriques pendant lesquels un enfant fait le deuil de son grand-père. Dans les Corps simples, Sonia Cotten nous fera voir certains morts, mais parlera aussi d’amour et de résilience. Nous y rencontrerons également Geneviève Blais, qui s’immergera dans La rivière jusqu’aux genoux, dont on dit que le ton rappelle Geneviève Amyot ou Josée Yvon.

Le Quartanier nous ouvrira le Tabloïd de Mathieu K. Blais, premier recueil qui cerne le réel à partir du journal et, en octobre, on nous proposera Les jieux de Mathieu Boily, deuxième volet d’une trilogie introduite par Coeur tomate, paru l’an dernier. Chez David, François Baril Pelletier explore les Déserts bleus, proposés comme voyage spirituel. À La Peuplade, on attend beaucoup de Frayer de Marie-Andrée Gill, qui mélange les imaginaires québécois et ilnu, société dont elle est issue. On ira avec elle près du lac Piekuakami. On y rencontrera peut-être le Renard de Simon Philippe Turcot, récit d’un peintre qui voyage dans le pays et les oeuvres.

Aux toujours belles éditions du Passage, Sara Dignard, dès le 2 septembre, nous indiquera Le cours normal des choses en nous emmenant aux îles de la Madeleine, tandis qu’Antoine Dumas nous ramène, lui, Au monde. Inventaire, en un dénombrement des beautés et tragédies du réel.

Fin septembre, à l’Hexagone, Catherine Poulin décrira Nos attentats domiciles, « l’écho des chuchotements et des cris de nos névroses domiciliées ». Martin Thibault prendra La mesure du possible du corps exact encombré de sentiments. Le toujours important Fernand Ouellette viendra proposer ses Avancées vers l’invisible composées de trois parties, soit L’absent, Avec l’unique et le titre éponyme. Il y parle entre autres de son épouse disparue. Mi-novembre, on y publiera une édition de luxe grand format de L’homme rapaillé de Gaston Miron ainsi que ses Lettres, annotées et présentées par Marieloue Sainte-Marie.

En novembre, Stéphanie Filion au Lézard amoureux va nous décrire, Nous les vivants, dans nos contradictions, entre amour absent et présent. Quant à Marie-Célie Agnant, c’est à la Pleine Lune qu’elle va nous donner à lire ses Poèmes sans âge. Aux Éditions d’art Le Sabord, dès octobre, Pierre Labrie nous fera connaître Les antagonistes du sommeil, et Monique Juteau nous amène en Voyage avec ou sans connexion.

Aux éditions Triptyque, dès septembre, Joël Des Rosiers nous décrit la Chaux, vive incarnation de la chaleur intérieure, « la vraie mesure de l’homme. » En octobre, Diane-Ischa Ross nous fera entrer dans Les jours tigrés, chroniques d’un double deuil.

Des 19 titres annoncés au Noroît, retenons un nouveau Nicole Brossard, Temps qui installe les miroirs, qui offre une suite de tercets, dans une magnifique conception graphique de Martin Dufour et une participation remarquable de Martha Townsend. En septembre, nous retrouverons Célyne Fortin avec Une autre fois le soleil et Hector Ruiz avec Désert, et renard du désert. Dans la collection « Chemins de traverse », nous lirons D’un genre l’autre, une réflexion du poète Paul Chanel Malenfant. En octobre, Marc André Brouillette nous fera entendre Ta voix là (titre provisoire) et Jonathan Charette nous fera assister à La parade des orages en laisse. Enfin, en novembre, Jean-Marc Fréchette nous offrira Les chants d’Hyacinthe.