Visée internationale

Guylaine Massoutre Collaboration spéciale
Charles Dantzig
Photo: Ji-Elle / CC Charles Dantzig

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Charles Dantzig dirige Le Courage, chez Grasset. Nouvelle revue, ce gros livre — Littérature 2015, 1 — paraîtra quatre fois l’an.
 

« Une fois que le talent est là, la première qualité requise par la littérature est le courage. Courage de renoncer à beaucoup de choses pour écrire, courage de combattre contre les difficultés et aussi contre ses facilités, courage de tenter de faire entendre une voix que personne ne demande, courage contre le monde et parfois contre soi. Courage aussi, dans les temps tels qu’ils sont devenus, populistes, vindicatifs, aboyeurs, qui se vantent de leur vulgarité, de leur bêtise et de leur haine. » Telle est l’entrée.

En français, en anglais, en italien, en espagnol, en langues parlées en Europe (non traduites), en créole, en chinois et en hébreu (avec traduction), incluant des photos, un texte de catalogue et une BD, cette tranche de littératures est un objet de curiosité et d’hommage. Un véhicule cahotant dans une aventure imprévisible.

Du côté classique, pour ce premier numéro, un texte rebondissant du clan Klossowski. Du côté des jeunes, l’affirmation que la littérature est une musique en soi et qu’elle ne répond que d’elle-même. De tous, refus de se soumettre, la volonté de s’exposer. Savoir ce qu’elle n’est pas et, qu’en avant, elle est à dire. Du côté monde, elle se veut résistance, essai, traduction comme impureté. Tout un fourmillement sonore. « La fiction est une incertitude. La littérature est une forme émanant d’une émotion. Elle danse. La littérature est une forme de danse, vous savez, de la pensée dansée ». (Charles Dantzig).

Par ailleurs, Le Courage se double d’une nouvelle collection chez Grasset. Le premier titre, Éroïca, roman de Pierre Ducrozet, s’attache à l’artiste franco-new-yorkais Jean-Michel Basquiat. Le second, un essai de fiction, Si je m’écorchais vif de Laurent Nunez, fait parler Barthes, Derrida et Blanchot de l’exil, à travers Rimbaud, Hugo et Laforgue. Littérature en abyme, pensées d’écrivains.