Grande première!

Michel Bélair Collaboration spéciale
Benoît Bouthillette
Photo: Richmond Lam Benoît Bouthillette

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

On se pince tellement la situation est inusitée : les deux polars les plus attendus de l’automne sont publiés ici. Il s’agit de L’heure sans ombre, de Benoît Bouthillette, chez Druide, et de Quand j’étais Théodore Seaborn, de Martin Michaud, chez Goélette.

Pourtant, la concurrence européenne est forte ; on retrouvera la plupart des grands noms habituels sur les tablettes des libraires. Mais la cuvée québécoise d’automne est exceptionnelle, centrée sur les deux auteurs qui incarnent, par leur écriture flamboyante et les thèmes audacieux qu’ils abordent, le présent et peut-être l’avenir du polar québécois sur la scène internationale. Trop rapide tour d’horizon.

Grandes pointures

Du côté des grandes pointures européennes, on pourra lire dès septembre un autre R.J. Ellory chez Sonatine, Les assassins, puis en novembre un tout nouveau Jø Nesbo, Le fils, dans la Série noire chez Gallimard, ainsi qu’une troublante histoire d’espionnage remontant à la Deuxième Guerre mondiale, L’affaire Napoléon d’Arnaldur Indridason, chez Métailié. En octobre, on annonce un Andrea Camilleri, Le sourire d’Angelica, chez Fleuve noir, un Ian Rankin au Masque (On ne réveille pas un chien endormi), un 13e C.J. Box mettant en scène Joe Pickett (Poussé à bout, chez Calmann-Lévy), de même qu’un nouvel opus à quatre mains de Jesse et Jonathan Kellerman (Le golem d’Hollywood, Seuil).

Il faut souligner aussi, chez Gallmeister, un Craig Johnson, Steamboat (décembre), et l’arrivée d’un fascinant nouvel auteur sur lequel on reviendra bientôt (Aaron Gwyn, La quête de Wynne, fin septembre). Sans oublier Les flammes de Whidbey d’Elizabeth George (en novembre aux Presses de la Cité), le énième Kathy Reichs annuel, Macabre retour, dont une partie se déroule à Montréal (en octobre chez Robert Laffont), et quelques nouveaux venus (Musso, Harris, Parsons) dont on vous parlera sans doute d’ici Noël. L’abondance habituelle quoi, solide, faite de livres diversifiés.

Automne chargé

De L’heure sans ombre de Benoît Bouthillette, qui paraîtra en octobre, on sait que c’est la première partie de La somme du cheval. L’éditeur décrit l’ouvrage comme « une somptueuse histoire d’amour dans le Cuba des festivals de musique électronique et des bars heavy metal, où l’art contemporain et la culture populaire contribuent à faire de La Havane une Barcelone du XXIe siècle ». Quand on connaît l’inspecteur Benjamin Sioui de la SQ, on salive déjà !

Quand j’étais Théodore Seaborn de Martin Michaud sortira en novembre. Pas de Victor Lessard ici, plutôt l’étrange histoire d’un homme qui rencontre son double dans la rue… et se retrouve bientôt dans un labo de l’État islamique en Syrie ! Ailleurs, chez Druide encore, on annonce pour ces jours-ci Crimes à la bibliothèque, une sorte de sequel de l’étonnant Crimes à la librairie, paru l’an dernier. Cette fois-ci, Richard Mignault a convié 14 auteurs à jouer le jeu. Mais ce n’est pas tout…

Chez Libre Expression Noire, Hervé Gagnon propose avec Maria une troisième enquête du journaliste Joseph Laflamme (début septembre) dans le Montréal de la fin du XIXe siècle. Chez Alire, Patrick Sénécal revient en octobre au roman noir avec Faims : une histoire « horrible et inquiétante », selon l’éditeur. Début septembre, Camille Bouchard publie Cartel alors que le collègue au Devoir François Lévesque signe La noirceur, un roman forcément noir, tirant sur l’horreur.

Signalons une nouvelle enquête d’Alexandre Jobin dans La bataille de Pavie d’André Jacques, chez Druide (septembre), l’intrigant L’affaire Céline de Jean Louis Fleury, chez Alire, et, pour les inconditionnels, Un long retour de Louise Penny, chez Flammarion Québec, en septembre.

Quel automne !