L’invention des fêtes, Jacques Boulerice

L’invention des fêtes s’avérera une très belle lecture de fin d’été pour tout lecteur passionné par les histoires poétiques, racontées avec une grande délicatesse et un amour des mots jamais démenti. Quatre-vingt-deux contes qui tiennent chacun en un peu plus d’une page. On est à St-Ours, on y rencontre Iphigénie dite La Fée et Felipé dit Félibre, qui vont s’aimer et aimer découvrir le monde et les mots. C’est beau comme des histoires d’enfants, c’est tendre comme des découvertes fragiles. On aimera qu’« au petit matin, Félibre s’installe parfois à la fenêtre pour surprendre les derniers rêves avant qu’ils décampent ». On aimera la rencontre de Félibre avec cet enfant qui « devait retourner à la mer toutes les pierres dont la taille dépassait celle d’un grain de sable. Un grain de sable moyen. On lui avait assigné cette tâche pour aider les vagues à fabriquer la matière première des sabliers ». On aimera en fait le ton, la candeur, la beauté presque naïve de ces deux personnages en quête d’une manière harmonieuse de vivre et de parler et d’écouter. L’invention des fêtes est un de ces livres qui fait plaisir et qui dure en nous, le temps de repenser l’enfance et l’apprentissage de la langue.

L’invention des fêtes

Jacques Boulerice, Le lézard amoureux, Montréal, 2015, 208 pages

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