Au plus profond de mon humanité

Photo: Nasim Abaeian
À l’invitation du Devoir, près de 200 lecteurs ont partagé, en peu de mots, le souvenir d’une lecture d’été marquante, bouleversante. Six textes ont été retenus, illustrés chaque lundi d’été par autant d’illustrateurs de renom.​
 

Une chaleur, un air lourd… Quelque part sur la côte italienne, l’eau fraîche, la baignade.

La dolce vita, le farniente, le Campari, des Camparis…

Ce pas lent, un certain charme, du style, je respire ; à travers les mots, je ressens tout multiplié par mille…

Dans tous mes pores, cette sensation de liberté, de nonchalance permise, mes cinq sens en suspens, sur la pointe des pieds, sublime…

La « petite musique » de Duras pénètre tout mon être, les lieux antiques m’intriguent, Tarquinia, la mer turquoise, limpide, et tout ce qui me fait du bien !

Je marchais avec elle, Sara, comme dans un film de la Nouvelle Vague, en noir et blanc…

Ou quand la justesse de l’écriture me bouscule, m’amène à me comprendre, m’interpelle dans ce que j’ai de plus fondamental, dans mon essence et mon rythme…

Duras : « L’écriture est un lieu où tout est raréfié. J’entre dans ce lieu ; là, je note tout… Écrire, c’est un lieu avant tout. »

Oui… Là, je note tout, le silence… C’est là-dedans…

Duras m’amène au fond de moi, au plus profond de mon humanité, dans une intellectualité avenante. Lente et avenante.

J’ai relu plusieurs fois Les petits chevaux de Tarquinia, je continue de le garder très près de moi ; il est porteur d’une sensualité si raffinée, liée sans doute à cette canicule, où chaque seconde dure une heure… Et puis ces hanches qui tanguent, le rouge exquis du Campari, l’enfant… J’inspire… J’expire…

Les livres

Les petits chevaux de Tarquinia (Folio) de Marguerite Duras.

L’illustratrice: Nasim Abaeian, 33 ans, née en Iran, a grandi en Italie et a déménagé il y a quelques semaines à Montréal. Interpreter of Maladies (Houghton Mifflin, 1999) de Jhumpa Lahiri a été une de ses lectures d’été marquantes.