Les esclaves oubliés de Tromelin, Sylvain Savoia

L’archéologie peut croiser le chemin de la bande dessinée et donner quelque chose de très beau, comme ce récit qui, en se promenant entre présent et guerre de Sept Ans (1756-1763), retrace le destin tragique d’une poignée d’esclaves oubliés, à la suite d’un naufrage, sur un bout d’île hostile d’à peine 1 km2, au milieu de l’océan Indien. Ils vont poireauter là pendant sept ans avant d’être sauvés. Sept femmes et un enfant de huit ans à peine en sortiront vivants. De passage sur les lieux, où a été établie aujourd’hui une station météo, Sylvain Savoia trace les contours de cette mésaventure dans laquelle l’homme blanc ressort forcément écorné et où le peuple malgache, au passé brisé par la vénalité de la Compagnie des Indes, témoigne d’une force improbable, d’une résilience salvatrice face à l’adversité et la violence d’un environnement qu’il va réussir à dompter.

Les esclaves oubliés de Tromelin

Sylvain Savoia, Aire Libre, Paris, 2015, 120 pages

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