Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro

Du loufoque, en veux-tu ? En v’là avec ce road movie complètement déjanté et dessiné par Fabrice Caro. Le truc, qui puise son titre dans la chanson Siffler sur la colline de Joe Dassin, passe toute vacuité de notre présent au Kärcher, que ce vide soit produit par les médias, la police, les voisins, la famille, alouette. Le point de départ de ce récit qui met l’individualisme et le politiquement correct sur la sellette est à la hauteur du projet narratif : un homme se fait interpeller dans un commerce parce qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. Un crime. Il va tenter de se défendre avec un poireau, mais va préférer prendre la fuite. Avec ces personnages sans visage, ces dialogues en rupture totale avec le bon sens et la mise en case d’un talent sadique visant à mettre en relief l’absurde en appuyant très fort dessus, Fabcaro signe ici une oeuvremordante, redoutable et exigeante qu’il serait bien sûr, malgré les apparences, dommage de prendre à la légère.

Zaï zaï zaï zaï

Fabcaro, éditions 6 pieds sous terre, Paris, 2015, 68 pages

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