Comme pour Charlie Brown et la petite rousse

L’illustratrice Cathon, 25 ans, a signé récemment «Les ennuis de Lapinette» (Comme des géants). Les bédés «Moomin», de Tove Jansson (Le Petit Lézard), ont marqué un de ses étés.
Photo: Cathon L’illustratrice Cathon, 25 ans, a signé récemment «Les ennuis de Lapinette» (Comme des géants). Les bédés «Moomin», de Tove Jansson (Le Petit Lézard), ont marqué un de ses étés.
À l’invitation du Devoir, près de 200 lecteurs ont partagé, en peu de mots, le souvenir d’une lecture d’été marquante, bouleversante. Six textes ont été retenus, qui seront illustrés chaque lundi d’été par autant d’illustrateurs de renom.
 

Je n’étais pas censée être là parce que là c’était pas cool, mais mes parents m’avaient dit : « Peut-être l’an prochain. Pour l’instant, tu es trop jeune. Tu détruirais la maison, alors viens avec nous à Ogunquit sans chialer, tu es même chanceuse, dans le fond, c’est pas tous les jeunes qui vont en vacances. »

 

Ça me faisait chier parce que je venais de commencer à sortir avec Lucien pis qu’il y avait pas MSN là-bas dans le petit cottage, donc je pouvais pas lui parler et ça laissait toute la place à Nancy pour reprendre son coeur.

C’est pourquoi j’ai lu Snoopy pendant deux semaines en pleurant. Les pages en étaient gondolées, mais bien vite j’ai fini par comprendre : l’amour, c’est toujours plus intense quand ça tient du rendez-vous manqué ; comme pour Charlie Brown pis la petite fille rousse. Comme, aussi, pour les personnages de Wong Kar-wai auxquels je ressemble pas mal depuis cet été-là, d’ailleurs.

C’était une nuit noire et orageuse, comme dirait l’autre.



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