Le Caravage, T1: La palette et l’épée, Milo Manara

Qui d’autre que Milo Manara pouvait rendre hommage, par la bande dessinée, au Caravage, Michelangelo Merisi da Caravaggio de son vrai nom, peintre naturaliste et hyperréaliste qui, avec ses clairs-obscurs et son ténébrisme, a marqué l’Italie artistique du XVIe siècle tout comme le courant pictural baroque ? Le bédéiste qui a mis son neuvième art au service du réalisme, lui aussi, particulièrement en laissant ses traits caresser le corps des femmes, délaisse donc un instant ses univers érotico-soft de prédilection pour pénétrer la vie et le parcours du célèbre peintre de la Renaissance. Avec cette précision dans le dessin qui fait toujours plaisir à contempler. On est dans cette Rome du Cinquecento, où certaines femmes sont condamnées aux moeurs légères pour survivre et où les représentations du présent et la quête d’esthétique se butent à la morale religieuse. Le Caravage a le génie émergent et la passion attisée par l’incarnation d’une vierge qui deviendra son modèle. On est entre mythe et patrimoine, entre précision et romance, mais on est surtout dans le beau.

Le Caravage  Tome I : La palette et l’épée

Milo Manara, Glénat, Grenoble, 2015, 64 pages

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