Usage de faux, Sylvie-Catherine De Vailly

On connaît déjà l’inspectrice Jeanne Laberge, qui a précédemment résolu deux histoires passablement complexes (La valse des odieux, La sélection naturelle) chez le même éditeur ; cette nouvelle enquête tourne cette fois autour du monde de la contrefaçon et met en scène un faussaire spécialisé dans les toiles de maître. Nous sommes en 1975, alors que l’on trouve le cadavre du patron d’une petite boutique d’encadrement, poignardé dans son bureau. L’inspectrice Laberge apprendra rapidement que ce Hugues Clément est un faussaire de réputation internationale qui a purgé une peine de prison en France avant de venir s’établir au Québec avec sa famille. Mais Clément était un homme habile à brouiller ses traces, et la policière aura bientôt l’impression de tourner en rond ; toutes les pistes qu’elle lève mènent à une série de culs-de-sac. La chose est d’autant plus frustrante que Laberge est enceinte et qu’elle doute de plus en plus de pouvoir mener son enquête à bien à mesure que les espoirs de solution s’évanouissent. Ce n’est en fait que lorsqu’elle ouvrira le jeu, jusqu’à inclure la famille élargie de la victime, qu’elle commencera à marquer des points. N’empêche que la conclusion frappe avec la brusquerie d’un coup de couteau. On se surprendra à suivre Jeanne Laberge et son équipe avec grand plaisir, surtout grâce à la clarté, à l’efficacité et à l’élégance du style de Sylvie-Catherine De Vailly, qui sait aussi donner vie à des personnages crédibles et solides. Voilà une voix, classique certes, qui s’affirme déjà au moment où tous les éditeurs québécois sont eux aussi à se positionner sur le marché de plus en plus lucratif du polar.

Usage de faux

Sylvie-Catherine De Vailly, Recto Verso, Montréal, 2015, 246 pages