La limite du supportable

Étonnant d’en venir à ne plus supporter Hieronymus, dit Harry Bosch. Il nous a fait vivre des moments si intenses et des histoires si tordues depuis plus de 20 ans que l’inspecteur du Los Angeles Police Department fait même partie des références du genre.

Ce coup-ci, le voilà plongé dans une affaire prometteuse qui, au bout du compte, risque plutôt de laisser le lecteur sur sa faim. Pourtant, Harry — qui travaille maintenant aux « cold cases », ces enquêtes non résolues — avait choisi de plancher sur une histoire à laquelle il avait déjà rapidement touché lors des émeutes qui dévastèrent Los Angeles en 1992 : celle d’une journaliste danoise assassinée dans une ruelle au beau milieu du tumulte. En recoupant une série de meurtres non résolus commis avec la même arme par de petits truands depuis 20 ans, l’inspecteur Bosch parvient à remonter jusqu’à l’opération Tempête du désert et à un groupe de quatre ou cinq soldats ayant été en contact avec la journaliste Anneke Jespersen. Tout cela pendant que son nouveau patron lui fait la vie dure et menace de le virer… Mais même acculé au pire, Harry parviendra à se sortir du trou et à régler l’affaire. Ouf.

Pourtant, malgré l’action trépidante proposée par Michael Connelly, cet Harry Bosch là est bien mince par rapport à ce qui a fait sa réputation, sans parler de la traduction qui laisse souvent un mauvais goût dans la bouche. Maladroit dans ses rapports avec sa fille qu’il gave de fast food et d’insipidités en tous genres, inconsistant, faux même, voilà que Bosch agace plutôt qu’il ne convainc. Un peu plus et on penserait que, à force de produire des blockbusters en série, Michael Connelly est en train de perdre la main…

Dans la ville en feu

Michael Connelly, traduit de l’anglais par Robert Pépin, Calmann-Lévy, Paris 2015, 388 pages