Dépossession. Une histoire économique du Québec contemporain.

« Le ver de la dépossession était dans la pomme de la Révolution tranquille », affirme hardiment Simon Tremblay-Pépin, qui dirige un ouvrage publié par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques IRIS, organisme québécois progressiste de recherche économique fondé en 2000. Loin de soutenir, comme certains ultraconservateurs, que le changement survenu entre 1960 et 1966 était néfaste, il pense qu’il était très insuffisant. La Révolution tranquille, explique-t-il, a fait naître deux nouvelles forces : les technocrates et les entrepreneurs, qui, proches du pouvoir, auraient perpétué la dépossession « alors même qu’ils prétendaient y mettre fin ». Il donne comme exemple leur collusion récente avec l’extractivisme minier et pétrolier. Il estime que « la maîtrise de sa destinée continue d’échapper au peuple québécois ». Chez Tremblay-Pépin, le radicalisme fougueux, épique, nullement étranger à l’utopisme rationnel, impressionne par sa ferveur et sa générosité. Lui et l’IRIS succomberont-ils au productivisme que des anticapitalistes, rompus à la lutte sociale, partagent ironiquement avec les néolibéraux ? Non, s’ils ont la sagesse écologique d’insister sur la croissance modérée autant que sur la dramatique dépossession qu’ils dénoncent.

Dépossession

«Une histoire économique du Québec contemporain. Tome I : Les ressources», IRIS, Lux Montréal, 2015, 328 pages

À voir en vidéo