Décès de l’écrivain des sans-voix Eduardo Galeano

Eduardo Galeano s’intéressait d’une façon unique à la mémoire, en ramenant au premier plan les invisibles, <em>«ceux d'en bas, ceux qui attendent depuis des siècles dans la file d'attente de l'Histoire»</em>. 
Photo: Marianne Giguère Eduardo Galeano s’intéressait d’une façon unique à la mémoire, en ramenant au premier plan les invisibles, «ceux d'en bas, ceux qui attendent depuis des siècles dans la file d'attente de l'Histoire»

L'écrivain, auteur notamment de Les veines ouvertes de l’Amérique latine, est mort lundi à 74 ans des suites d’un cancer.

L’écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano, auteur notamment de Les veines ouvertes de l’Amérique latine, est mort lundi à 74 ans des suites d’un cancer à Montevideo. Figure majeure de la littérature, Eduardo Galeano est l’auteur d'une œuvre inclassable, traitant d'histoire et d'humanité, éclatante de réalisme mais frôlant la fiction.

Paru en 1971 en espagnol puis traduit dans une vingtaine de langues, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, réquisitoire sans appel contre l’exploitation du sous-continent depuis l’arrivée des premiers colons espagnols, était devenu un des ouvrages de référence de la pensée de gauche des années 70 et 80 puis de l’altermondialisme.En 2009, lors du Sommet des Amériques, le président vénézuélien Hugo Chavez avait offert au président américain.

Son oeuvre très personnelle était inclassable. «Je n’ai pas eu la chance de connaître Shéhérazade, je n’ai pas appris l’art de la narration dans les palais de Bagdad, mes universités ont été les vieux cafés de Montevideo», confiait-il en 2009 à Madrid.

Eduardo Galeano avait débuté sa carrière journalistique à 14 ans, en publiant des caricatures dans l’hebdomadaire El Sol, du Parti socialiste.

Entre 1961 et 1964, il a dirigé la prestigieuse revue Marcha, repaire d’intellectuels, puis il a pris la direction du journal de gauche Epoca (1964-1966).

Emprisonné dans la foulée du coup d’Etat militaire de 1973, il s’exile en Argentine puis en Espagne, avant de revenir en Uruguay au retour de la démocratie en 1985. Il a remporté plusieurs prix, dont le Prix Stig Dagerman et le Prix Alba de las letras.