Monstera deliciosa, Lynda Dion

« Ne plus être seule. » À l’origine de ce minuscule roman, troisième autofiction de l’écrivaine Lynda Dion, il y a d’abord une solitude, immense. Celle d’une femme mûre qui cherche le giron rassurant d’une relation, quelle qu’elle soit, même linéaire et sans passion. C’est ce qu’elle trouvera — mais son homme, elle le sait dès le départ, n’est pas le bon. La distance qui les sépare deviendra l’éléphant dans la maison. Mais comme la femme croit naïvement que toute volonté est capable de faire durer l’amour (un mot ici travesti), elle persévère. La rupture, inévitable, viendra trois ans plus tard avec sa lame de fond conséquente. Monstera deliciosa est le récit recommencé de cette relation « tiède » et douloureuse où la femme, tantôt au « je », tantôt sous la gouverne d’un narrateur, met en question ses rapports : à l’autre, au couple, à soi. Son chemin, en cinq chapitres : consentir, survivre, croître (d’où le titre, qui fait référence à une plante « survivante »), dire et recommencer. C’est moins une lamentation qu’un discours lucide et laconique sur les germes de l’échec amoureux, très sobre dans les circonstances — peut-être trop. En spectateur neutre, nous voilà devant une autre « histoire vieille comme le monde », rendue avec doigté mais qui ne transmet, c’est étrange, qu’une émotion elle aussi assez tiède.


L’auteure sera en séance de signatures au Salon du livre de Québec les vendredi 10 et samedi 11 avril.

 

Monstera deliciosa

Lynda Dion, Hamac, Québec, 2015, 148 pages