Montréal mélodie, Golda Fried

Avec la version originale de ce roman — son premier —, la désormais américaine Golda Fried, née en 1972, était finaliste côté anglo aux Prix littéraires du Gouverneur général 2005. On suit dans Montréal mélodie Alice, qui quitte Toronto et le nid familial pour étudier à McGill. On découvre un peu Montréal à travers ses yeux et le touchant narcissisme de la fin de l’adolescence, mais si peu finalement… Le fait français en est pratiquement évacué, et c’est plutôt un microcosme du ghetto McGill qu’on observe : la résidence d’étudiants, les classes, les obsessions culturelles — ici, le cinéma surtout, et la musique —, les amitiés, les sorties, l’amour. L’amour comme une épreuve, dans ce récit d’initiation, car si Nellcott et Alice tombent amoureux, elle est vierge ; lui n’arrive pas à ne pas la presser, elle n’arrive pas à ne pas s’en faire. Le livre est marqueté de trop de maladresses pour qu’on passe outre — fautes, phrases boiteuses ou erronées —, sans qu’on sache si elles viennent de l’éditeur, qui amorce son catalogue ici, de la traduction ou de l’oeuvre originale. Malgré ces échardes, on est charmé par Alice, curieux des impasses où elle s’accule, de ses questionnements. Il y a là un souffle certain, et la vision d’une génération. Attachant.

Montréal mélodie

Golda Fried, traduit de l’anglais par Sophie Campbell, Le Bout du mille, Montréal, 2014, 182 pages

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