Le cinquième corridor, Daniel Leblanc-Poirier

« C’était une période fuckée. Il pleuvait tout le temps. Je me sentais partagé entre deux chaises plus confortables l’une que l’autre. » Narrateur à la santé mentale fragile, un peu perdu entre deux femmes qu’il croit aimer, Daniel arpente l’étroit quadrilatère du Quartier latin montréalais où il habite. Récit initiatique traversé d’explorations urbaines, amoureuses et toxicomanes, Le cinquième corridor offre un drôle de concentré de révolte adolescente où dominent des motifs de révolution et de conquête de soi : « Je savais que la gravité ne s’appliquerait que partiellement si j’avais l’audace d’exister en chute libre. » Un peu mince, parfois surchargé de métaphores jusqu’à l’opacité, ce premier roman de Daniel Leblanc-Poirier est malgré tout traversé d’un beau souffle de vie, porteur des états d’âme d’un narrateur qui balance entre le cynisme et la naïveté. L’auteur montréalais, né au Nouveau-Brunswick en 1984, d’abord poète (La lune n’aura pas de chandelier, l’Hexagone, 2007), s’y révèle attentif aux éléments — gouttes de pluie, rayons de soleil — et sait à l’occasion débusquer la beauté sous la grisaille.

Le cinquième corridor

Daniel Leblanc-Poirier, Perce-Neige, Moncton, 2015, 114 pages