Capharnaüm, Lewis Trondheim

Inachevé, mais pas forcément inintéressant. Avec son Capharnaüm, le bédéiste hyperactif Lewis Trondheim propose ici une incursion étonnante dans un processus de création qui s’est joué dans ses carnets, sans crayonné, entre 2003 et 2005. Le bonhomme était alors parti pour une grande épopée de 5000 pages dans l’ordinaire de la vie d’un libraire dont le destin va croiser celui de Willard Matte, justicier masqué fictif — quoique peut-être pas totalement. L’ambitieux projet a été mis au rancart à l’approche de la 300e page. L’intégral est dévoilé, dans une édition conjointe de L’Association (pour la France) et Pow Pow (pour le Québec) avec des personnages à tête d’animaux, qui, comme aime bien le faire Trondheim, jouent habilement avec les codes de leurs propres narrations, s’amusent du réel et de ses représentations, de la digression, dans un ensemble forcément solide et exemplaire.

Capharnaüm

Lewis Trondheim, Pow Pow, Montréal, 2015, 280 pages