Le Buvard, une librairie roulante

Michel Vézina
Photo: Facebook Michel Vézina

Comment amener les livres et la littérature aux gens, partout au Québec ? C’est en cherchant à répondre simplement à cette question que l’auteur et éditeur Michel Vézina a imaginé une bibliothèque roulante, qui sillonnerait durant la saison estivale les routes des Cantons-de-l’Est et les divers festivals à travers la province. Résultat ? Le Buvard devrait prendre la route au mois de mai prochain.


« Ça fait 20 ans que je passe mes étés dans les Cantons-de-l’Est, où il faut faire 50 kilomètres d’un bord ou 100 kilomètres de l’autre pour acheter un livre ailleurs qu’au Jean-Coutu. Je pense qu’on peut amener les livres aux gens », indique au téléphone l’auteur d’Asphalte et vodka (Québec Amérique), qui pourra, grâce à un investisseur privé « invisible » fournissant les premiers 20 000 $ nécessaires à l’entreprise, acheter « un camion à pain » et le reconvertir en librairie sur roues.


« J’aimerais tenir entre 1500 et 2000 livres — à peu près 500 titres — dont 25 % de livres usagés (livres de poche, classiques), avec une prédominance d’écrits québécois. Je vais m’arrêter une fois par deux semaines dans six villages et proposer des activités de développement de public : un club de lecture, des ateliers d’écriture, des rencontres avec des auteurs, à même le camion, sous l’auvent, jusqu’à la mi-septembre. Je veux stimuler la lecture. »

N’est-ce pas ambitieux dans un contexte loin d’être idéal pour les librairies ? « Avec le camion, en me déplaçant, je multiplie le territoire et les publics et je n’ai pas de frais d’immobilisation à couvrir. On s’entend : je ne m’attends pas à faire fortune la première année dans les villages — probablement que les festivals vont mieux marcher. Je veux bien arriver au Festival des traditions de Drummondville, par exemple, avec une batch de livres sur les traditions. » Le rêve de Michel Vézina serait, dès septembre prochain, de téléporter le projet en France. L’été au Québec, l’hiver dans l’Hexagone, à promouvoir la littérature québécoise.

«On ne trippe plus assez»

Pourquoi nommer sa librairie Le Buvard ? « À la fois à cause de ces papiers avec lesquels on absorbait l’encre, auparavant, et pour le côté drogue hallucinogène, LSD. Je trouve qu’on ne trippe plus assez au Québec actuellement, qu’on a besoin de plus de Jean-Paul Daoust, qu’on manque de Josée Yvon et de Denis Vanier. » Vézina assume d’ailleurs complètement le côté punk — « pas no future, mais do it yourself » — de son projet.

S’il reste plusieurs détails à peaufiner — approches et ententes avec les municipalités qu’il vise dans la MRC Haut-Saint-François, aménagement du camion, choix du parcours, organisation des activités — Michel Vézina a déjà lancé un appel sur les réseaux sociaux pour amasser ses premiers livres usagés. Les intéressés peuvent contribuer via la page Facebook Le Buvard.