L’école des suricates. À la découverte des cultures animales, Michel de Pracontal

Dans son célèbre essai Le singe nu (Grasset, 1968), le zoologiste britannique Desmond Morris proposait de considérer l’homme comme un singe et d’expliquer tout son comportement par la biologie. Or, au même moment, la primatologue Jane Goodall découvrait que les chimpanzés avaient une culture ! Journaliste scientifique, notamment à Mediapart, Michel de Pracontal, dans L’école des suricates, donne raison à Goodall et à d’autres éthologues de terrain (et non de laboratoire) en démontrant que toutes les espèces sociales (l’humain, évidemment, mais aussi les singes, les baleines, les oiseaux et plusieurs autres) transcendent leurs déterminismes biologiques et pratiquent l’enseignement et l’apprentissage par imitation. L’animal n’est pas un « robot biologique » ; il existe, écrit le journaliste, « un autre type de sujet que le sujet humain ». Recueil d’histoires vraies de macaques qui lavent des patates, de mésanges qui apprennent à voler du lait en bouteille et de baleines qui modifient leur chant au gré des « modes », cet essai, Charles Tisseyre aurait raison de le dire, est fascinant.

L’école des suricates - À la découverte des cultures animales

Michel de Pracontal, Points, Paris, 2014, 224 pages