Marie Réparatrice, Louis-Philippe Hébert

Sous la présence tutélaire de Jacques Prévert, Louis-Philippe Hébert publie dans la collection « Grandeur de la poésie », dédiée aux « poètes contemporains les plus prisés » des Éditions de la Grenouillère, un roman-poème touchant, d’une grande fragilité. Il y parle d’une petite Marie aux pouvoirs miraculeux de ressusciter les animaux morts, de guérir coeurs et corps. Justement, le chat de la petite a été écrasé par une voiture, pourtant « ça se répare bien un chat/mais c’est important de ne pas oublier de morceaux/je l’ai ramené sur le bord du trottoir/le chat ! le chat ! j’avais crié/l’auto n’a pas attendu ». Prévert ! veut-on crier de nouveau… ! Mais « quand on aime/il y a toujours un prix à payer ». Alors, cela dérape parfois, du côté du mépris, de l’agression verbale ou de la violence de la part du père : « quand il crie après nous autres/il dit les femelles de la maison […]/il fait des erreurs mais il n’est pas méchant/juste qu’il est très fatigué ». Après que le père méchant s’en prend à la mère, Marie va devoir la ressusciter elle aussi. Mais à quel prix ? Beau livre grave qui navigue sur les mots et le tragique, sur l’enfance et l’impression qu’elle n’est jamais l’âge qu’il faut.

Marie Réparatrice

Louis-Philippe Hébert, La Grenouillère, Saint-Sauveur-des-Monts, 2014, 56 pages

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