Anarchie de la lumière, José Acquelin

Ce recueil a valu à son auteur le Prix de poésie du Gouverneur général du Canada 2014. Voilà une surprise, s’il en fallait encore une, dans l’attribution de cette distinction. Écrit en proses larges, pleine page, ce livre débute ainsi : « Comment la poésie me fait vivre ? Pas avec l’argent, c’est sûr, mais par le bonheur de quelques instants gratuits. Car je m’identifie si rarement aux institutions culturelles — entendez celles qui doivent être rentables — que je vais toujours voir ailleurs si je ne pourrais pas m’y retrouver. » Si le jury voulait créer là une polémique, c’est raté, tout comme est ratée la portée de cette page. L’intérêt de ce livre, plus près de l’essai que du texte poétique, est sans doute enfoui dans quelques pages éparses. Çà et là, quelques éclats : « Les yeux sont toujours la façon la plus rapide d’aller au ciel. » Essayons ailleurs : « Nous ingérons de la matière autant que nous sommes ingérés par elle. Bref, nous ne gérons rien. » Écoutons encore ceci : « Hisse ta bassesse jusqu’à hauteur de terre, ne tasse pas le motton de ton coeur. Par la porte entrebâillée, l’odeur de laterrequ’on remue redonne aux jardiniers le courage des poumons. » Et se taire.

Anarchie de la lumière

José Acquelin, éditions du Passage, Montréal, 2014, 80 pages

1 commentaire
  • Daniel Saindon - Abonné 21 décembre 2014 16 h 51

    Un lien à faire avec la revue RELATIONS

    Je crois qu’il est utile de préciser que plusieurs textes de ce recueil ont été publiés sous forme de carnets dans le revue RELATIONS. 
Le lien qui unit ANARCHIE DE LA LUMIÈRE avec le système de valeurs mis en oeuvre dans la revue RELATIONS n’est pas fortuit.
    RELATIONS est une revue d’idées et de réflexion sociale et progressiste. Les poèmes de José Acquelin contribuent à leur manière à poursuivre une réflexion profonde sur les êtres et les choses, une réflexion empreinte de lucidité, simplicité et de tendresse.