Anatomie d’un acteur, Les Cahiers du cinéma

Les Cahiers du cinéma publient une série dédiée à des interprètes américains d’exception. Marlon Brando, Meryl Streep, Jack Nicholson, Robert De Niro, Al Pacino et Tom Cruise ont chacun les honneurs d’un beau volume. Le gros des livres consiste en dix films emblématiques, commentés, ayant marqué leur carrière : Voyage au bout de l’enfer, Le choix de Sophie, La route de Madison, etc., pour Meryl Streep ; Un tramway nommé Désir, Le parrain, Apocalypse Now pour Marlon Brando, etc. L’exercice met l’accent sur des oeuvres phares de l’histoire du cinéma américain tout en servant de jalons à de brillantes carrières. On retient en cours de route des phrases proférées : « Les femmes sont de meilleuresactrices que les hommes, estimait Meryl Streep. Parce que c’est indispensable. Pendant des millénaires, elles ont dû, pour survivre, donner le change face à des personnes physiquement plus imposantes. » Pour Jack Nicholson, tout en appréciant la plongée dans Easy Rider, Chinatown, Vol au-dessus d’un nid de coucou et autre Shining, on goûte l’acuité du commentaire de la célèbre critique Pauline Kael : « S’il parvient à échapper à la colère des femmes, c’est grâce à son approche satirique du personnage du macho. » Le Robert De Niro de Mean Streets, de Taxi Driver, de Raging Bull, du Parrain 2, etc., Glenn Kenny le peindra en Prométhée du 7e art, en admettant que l’acteur a par la suite déçu. Quant au Al Pacino de la trilogie du Parrain, de Scarface et de Serpico, il avait précédemment participé à l’émergence d’un cinéma de modernité fait d’hommes vulnérables, insatisfaits, sensibles, mais triomphants, fût-ce dans son rôle de parrain, moins monolithique que celui de Brando, mais non moins terrifiant.

Anatomie d’un acteur

Les Cahiers du cinéma, Paris, 2014, 8 volumes, 192 pages chacun