Livres sur la musique: un très petit millésime

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Au chapitre des écrits sur la musique, la période des Fêtes 2014 semble inhabituellement chiche de beaux ouvrages et autres livres édifiants. Pour qui cherche à se cultiver musicalement, le marché de cette fin d’année est archi dominé par la réédition de Wanderer, l’essai sur le Voyage d’hiver de Schubert (Nota Bene) signé par le collègue au Devoir et philosophe Georges Leroux en 2011 et à propos duquel nous avions dit, à l’époque, le plus grand bien. Si vous êtes germanophone, il faut mentionner, au même niveau d’intérêt, le livre de Kent Nagano, Erwarten Sie Wunder ! (Berlin Verlag), en anglais, que le grand marché ouvert de l’Internet rend aisément accessible. La parution d’une traduction française n’est pas encore dans la ligne de mire.

Parmi les livres bien documentés, le second tome des Grands violonistes du XXe siècle de Jean-Michel Molkhou chez Buchet-Chastel est une valeur sûre. Le sujet — les violonistes de l’après-guerre — est moins passionnant que celui du premier volume, mais Molkhou sait de quoi il parle depuis de nombreuses années…

On cherchera plus d’esprit dans le petit Abécédaire d’un pianiste écrit par Alfred Brendel, dans lequel on retrouve l’esprit facétieux de ce grand artiste qui a mis un terme à sa carrière il y a cinq ans déjà. Cela se lit vite, avec quelques bons mots au détour des phrases (Christian Bourgois).

Dico et hagio

Bernard Wodon a réussi en moins de 500 pages une Histoire de la musique (Larousse) qui fait sens. Il ne s’agit pas ici de glaner des informations ponctuelles sur Richard Strauss, Max Reger ou Gaetano Donizetti : Internet en donne davantage. Sa qualité est de synthétiser et d’ordonner les informations de manière avisée et cohérente. Cela dit, le produit est lourdement handicapé, voire totalement condamné, par l’absence d’index et de lexique. Impardonnable pour ce type d’ouvrage.

Dans la catégorie « beaux livres », il convient de signaler la nouvelle hagiographie de Georges Nicholson, consacrée cette fois à l’histoire de la Chapelle historique du Bon-Pasteur et de son directeur pendant 25 ans, Guy Soucie. Ouvrage bien documenté sur un lieu important de la musique à Montréal, très conforme à la commande faite à l’auteur de célébrer un lieu et un homme : les épisodes épiques de menaces de fermeture de la Chapelle sont évacués en moins d’une page, mais la vie artistique y est bien palpable, malgré l’atmosphère de béatification généralisée (Druide).