Uderzo, l’intégrale 1951-1953, Alain Duchêne et Philippe Cauvin

C’est à la page 23 que l’on prend conscience du truc : Albert Uderzo, géniteur, avec René Goscinny, du célèbre Astérix, a finalement toujours eu en tête — et au bout de ses crayons — le personnage de bande dessinée qui a fait sa renommée. En 1951, huit ans avant sa naissance, Astérix, mais également ses potes, Obélix, Agecanonix… étaient déjà bien présents, en traits du moins, dans Belloy, Chevalier sans armure, publié par épisodes dans le journal La Wallonie cette année-là. Quelque chose de gros était en train d’être façonné, et le tome II de cette intégrale permet une nouvelle fois de s’en imprégner. En couvrant la période allant de 1951 à 1953, Duchêne et Cauvin plongent ici dans une époque dense de la vie de ce créateur en rappelant non seulement Belloy à notre bon souvenir, mais également Oumpah-Pah l’Indien, Jehan Pistolet le corsaire prodigieux, ainsi que ce passé « alimentaire » qu’Uderzo a partagé avec René dans la série « Politesse », publiée dans les pages de l’hebdo illustré Les Bonnes Soirées. Une commande à la tonalité morale qui tranche avec le reste et qui du coup, avec la distance, fait aujourd’hui beaucoup rire.

Uderzo. L’intégrale 1951-1953

Alain Duchêne et Philippe Cauvin, éditions Albert René, Paris, 2014, 424 pages