À bon chien, bon os

Chacune des leçons de vie est accompagnée d’une œuvre mettant en scène l’élégante gouvernante et ses « élèves ».
Photo: Janet Hill Chacune des leçons de vie est accompagnée d’une œuvre mettant en scène l’élégante gouvernante et ses « élèves ».

Bel objet d’art, de sagesse et d’humour que cet album jeunesse de la collection « Bourgeon » des éditions du Marchand de feuilles, dont les titres sont destinés « aux enfants savants qui n’aiment pas qu’on leur parle en bébé ». Les adultes se trouvent également fort bien servis dans ce Mademoiselle Moon fait d’une vingtaine de « leçons pour chiens », qui aurait pu prendre la forme d’un ouvrage d’épanouissement personnelle s’il n’avait pas eu pour théâtre enchanteur et ludique une île au large de la France où la gouvernante de 67 chiens se donne la mission de les éduquer afin qu’ils soient « heureux, en santé, bien élevés ».

Ce petit livre est d’abord publié dans sa traduction française — la version originale devrait voir le jour en 2015. À l’origine un projet pictural de la peintre anglaise Janet Hill, qui s’apprêtait à rendre public sur son site Internet le tableau de sa huitième leçon, le projet s’est transformé en ouvrage pour enfants lorsque l’éditrice Mélanie Vincelette l’a contactée. Une première pour l’artiste. Chacune des leçons de vie — des conseils que l’on a parfois entendus mille fois mais qu’il n’est pas mauvais de se rappeler (« Respecte la propriété d’autrui », « Cultive ton jardin et tu n’auras jamais faim », « Une pièce bien rangée est une pièce accueillante », « Manifeste ton amour sans compter ») — est accompagnée d’une oeuvre mettant en scène l’élégante gouvernante et ses « élèves », qui l’illustre de façon plus ou moins explicite et comique.

Car malgré l’esthétique un peu convenue, inspirée de l’impressionnisme et teintée d’une certaine sophistication très « années 50 », ce conte évite de tomber dans le kitsch grâce aux touches d’humour absurde qui parsèment ces riches tableaux. Les amateurs de pitous qui acceptent de se faire déguiser seront particulièrement servis en matière de rigolade.

Les plus curieux de la démarche de l’artiste, dont on retrouve les oeuvres autant en galeries que sur les cartes Hallmark, peuvent aller jeter un oeil à sa série d’entrées de blogue où elle commente (seulement en anglais) le processus de création de ce projet singulier et l’évolution des personnages qui le peuplent.

Mademoiselle Moon

Janet Hill, traduit de l’anglais par Annie Pronovost, Marchand de feuilles, Montréal, 2014, 52 pages