L’enfance de l’art, Jérôme Minière

Le vétéran et acclamé musicien Jérôme Minière a pris l’habitude de créer des mondes parallèles au fil de ses albums, particulièrement avec son alter ego Herri Kopter. Minière a décidé d’assumer son chapeau d’auteur avec un premier livre, L’enfance de l’art, où la structure est plus intéressante que l’écriture. Benoît Jacquemin, son héros, est un homme banal, commis dans une banque de la rue Saint-Hubert, à Montréal. Sa vie rangée est bouleversée par une histoire fantastique de pigeons et de microfilms — comme dans la préface du dernier disque de Minière, d’ailleurs, —, et il sera poussé par un étrange sans-abri à écrire un livre. L’enfance de l’art est traversé par ce qui prend l’allure de courtes nouvelles éclatées, qui sont beaucoup plus stimulantes à lire que le récit les liant, trop scolaire et morne, à l’image de son Jacquemin. Au fil de la lecture, toutefois, un habile concept de symétrie et de mises en abyme se révèle, soulignant des notions de création et d’identité. Mais il faut trop de volonté pour suivre les aventures de l’ingénu héros, à qui tout arrive comme par magie. Foisonnant, mais déroutant.

L’auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.

L’enfance de l’art

Jérôme Minière, XYZ, Montréal, 2014, 308 pages