Montréal d'antan

Popularisée en Europe au XIXe siècle, la carte postale a vite connu aussi ses heures de gloire en Amérique. On en produisit des différentes, par milliers, dans toutes les grandes villes et parfois jusque dans les villages. Mais comme l’explique Jacques Saint-Pierre, une collection de cartes postales, si importante soit-elle, ne montre pas tout d’une cité. Bien au contraire. « Elle privilégie le beau, le pittoresque, l’édifiant ! » L’image témoigne d’un certain aspect de la cité ainsi que de l’idée que s’en fait l’éditeur. Les vieilles cartes postales de Montréal montrent bien entendu des vues patrimoniales de la ville, près du fleuve, avec les bateaux, leurs marchandises, la garnison anglaise en poste à l’île Sainte-Hélène. Puis on entre dans la cité proprement dite, avec ses tramways, ses commerces, sa gare, ses monuments, ses écoles, ses églises. Scènes d’hiver, scènes d’été… Plusieurs des clichés qui servaient à produire ces cartes sont remarquables. Dans l’ensemble, les indications unilingues anglaises des commerces laissent comprendre que tout se passait dans cette langue, comme si l’existence même du français dans cette cité ne comptait absolument pour rien. Montréal d’antan présente plus de 200 cartes, dont on devine que certaines durent aussi être colorisées à la main, comme c’était souvent le cas. Ici, dans ce beau livre, tout est en noir et blanc.

L’auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les samedi 22 et dimanche 23 novembre.

Montréal d’antan

À travers la carte postale ancienne, Jacques Saint-Pierre, éditions Hervé Chopin, Paris, 2014, 109 pages