Hiver nucléaire, Cab

Ce n’est pas faute d’avoir sonné l’alarme. À Montréal, en 2028, l’hiver va s’installer de force, à longueur d’année, y compris le jour de la Saint-Jean, où la ville devrait crouler sous 30 cm de neige par moins 30. Catastrophisme ? Un peu, mais finalement juste assez pour avoir une base de poudreuse sur laquelle la jeune bédéiste Cab, Caroline Breault dans le civil, a décidé d’inscrire son récit. Il y est question de Flavie, courrier en motoneige (forcément), confronté à un environnement oscillant entre « hostile » et « loufoque ». À cause d’un accident nucléaire à la centrale Gentilly-3 de Pointe-aux-Trembles. Jolies couleurs. Joli graphisme. L’objet est attirant, mais risque surtout de séduire la frange adolescente des amateurs du 9e art, avec ses préoccupations trop post-pubères et son cadre narratif aux contours trop prévisibles qui n’a du coup pas ce potentiel d’induire une réaction en chaîne, un emballement de coeurs plus vaste et généralisé.

Hiver Nucléaire

Cab, Front froid, Montréal, 2014, 48 pages

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