Instantanés II, Roger Grenier

Né en 1919, il a eu 95 ans le 19 septembre dernier. Roger Grenier a été journaliste à Combat du temps d’Albert Camus. Sa vie, toutefois, il l’a surtout passée dans l’édition. Membre pendant de nombreuses années du comité de lecture de Gallimard, il a pu connaître bon nombre d’écrivains qui ont compté dans l’histoire de la littérature contemporaine, française surtout. À sa manière, qui est celle de l’allusion discrète, il sait évoquer des rencontres, rappeler des amitiés profondes ou non, peindre des destins littéraires. Ce recueil fait suite à Instantanés, paru chez le même éditeur en 2007. On y trouve, entre autres, des portraits, des souvenirs jamais appuyés sur Paul-Jean Toulet, Gaston Bachelard, Valery Larbaud, Roger Caillois. Au sujet de J.-B. Pontalis, qui a été son voisin chez Gallimard, il est plus bavard, l’amitié prenant alors le dessus. Ce petit livre sans trop d’importance, je l’aime beaucoup. Peut-être parce qu’il parvient à retenir notre attention sans effets outrés, sans insistance, porté par le simple charme d’une écriture maîtrisée. Avouez que ce n’est pas rien. Combien de livres tenus pour essentiels ne tombent-ils pas dans l’oubli au bout de deux saisons ?

Instantanés II

Roger Grenier, Gallimard, Paris, 2014, 137 pages