Dessins, Pascal Girard

Des dessins, des dessins et encore des dessins. Sans texte. Et avec très peu de décors. Bref, il n’y aurait, en théorie, pas grand-chose à dire sur ce nouveau titre de Pascal Girard qui expose, dans un tout-imprimé sur du papier, la passion quotidienne du bonhomme pour le… dessin. Et pourtant. Avec toutes ces esquisses, avec ces fragments d’existence saisis au crayon, à la volée, sur un carnet, l’auteur de Dans un cruchon (400 Coups), de La collectionneuse (La Pastèque) et de Conventum (Shampooing) vient une fois de plus témoigner d’une étonnante sensibilité au réel par une galerie de portraits du présent. Ici, on sent l’obsession des humains pour l’hyperconnexion et les égoportraits. Là, on contemple la solitude, la course au conformisme, l’inconfort dans la socialisation. Il y a des anonymes croqués dans le métro, à l’épicerie, dans la rue. Il y a une diversité des corps, une exploration des volumes et des situations du quotidien. Et, au final, il s’en dégage une poésie improbable, — allez, on ose la comparaison ! — qui n’est pas sans rappeler celle d’un Sempé.

Dessins

Pascal Girard, Pow Pow, Montréal, 2014, 114 pages