Année charnière pour le Salon du livre du Saguenay

Un livre sera conçu, en collaboration avec Groupe photo média international, afin de mettre de l’avant les auteurs de la région.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Un livre sera conçu, en collaboration avec Groupe photo média international, afin de mettre de l’avant les auteurs de la région.

Le premier Salon du livre du Saguenay s’est tenu en décembre 1953 : c’était alors le Salon du livre d’Arvida, « à la bibliothèque de la municipalité, organisé avec Alcan, comme le rappelle l’actuelle directrice générale, Sylvie Marcoux. Ensuite, il y a eu des pauses. On en est donc à notre 50e édition. » Une édition forcément anniversaire et inévitablement charnière, qui débute ce jeudi.

Difficile d’évaluer, même après un demi-siècle, l’impact d’un salon du livre sur une région. Et difficile d’échapper à l’analyse économique quand on tente de le faire. « Il y a une portée sociale, affirme Mme Marcoux, à la tête de l’événement depuis six ans, j’en suis convaincue. Par nos sondages internes, on sait que 82 % des visiteurs du Salon achètent des livres. » La directrice attribue cette forte moyenne à l’accessibilité : prix d’entrée minime — 2 $ —, stationnement gratuit, autant d’avantages que ne peuvent combattre les salons des grandes villes.

Pour cette édition, 340 auteurs — un nombre record, comme chaque année, semble-t-il — seront sur les lieux. La zone jeunesse se refait une beauté, histoire de présenter des atours plus accueillants. Côté animation, 55 activités se dérouleront sur la scène principale. Confidences, entrevues, discussions, dont une table ronde « Comment imaginez-vous le monde dans 50ans ? », qui réunira François Tanguay, l’écologiste Sylvain Guilbault (Druide), la journaliste Lucie Pagé (Stanké) et Roméo Bouchard (Écosociété). « On va parler aussi de l’état de la bédé, de celui du livre électronique », poursuit Mme Marcoux. Une année-bilan ? « On n’a pas le choix ! »

Auteurs et lecteurs

Un livre sera conçu, en collaboration avec Groupe photo média international, afin de mettre de l’avant les auteurs de la région. Vingt-cinq écrivains, dont Nicole Houde, Larry Tremblay, Hervé Bouchard, Louise Portal, choisiront des extraits marquants de leurs oeuvres, qui seront illustrés par les clichés de 25 photographes de presse (dont les collègues Jacques Nadeau et Renaud Lussier). Ce Zoom sur… le Salon du livre du Saguenay, où figureront aussi des anecdotes et souvenirs de salons, se fignolera au cours de l’édition, afin d’être prêt… pour les autres salons du livre.

Et l’avenir ? « Tout ce que je veux, c’est développer de nouveaux publics, trouver comment aller chercher des non-lecteurs », confie Mme Marcoux. Vraiment ? Des non-lecteurs pour un salon du livre ? « Il y a encore des gens qui ont vraiment peur d’acheter du livre, explique la directrice. J’ai en tête l’exemple d’un monsieur que je voyais à toutes les conférences, depuis des années. Quand Albert Miller est venu pour sa biographie [signée par Jean Faucher, Québec Amérique], je l’ai vu dans la file des dédicaces. Il se faisait toujours dédicacer un signet. Et là, je l’ai vu sortir les sous de sa poche. Trois fois, il a quitté la queue, trois fois il est revenu en ligne. Finalement, il a acheté le livre, et depuis, à chacune des rencontres, pratiquement, il achète un livre. Si je réussis, ainsi, à aller chercher quelques nouveaux lecteurs, quelques nouveaux acheteurs de livres, c’est déjà ça. » Et c’est par les rencontres avec les auteurs, selon elle, que ce changement devient possible. « Ici, tu n’as pas besoin d’attendre deux heures pour parler à Patrick Sénécal [Alire]. Les auteurs sont accessibles, disponibles. Et ça fait que l’an dernier, j’ai des gens de la Gaspésie qui sont descendus pour profiter du Salon. » Plusieurs activités hors les murs seront également offertes.

Au Centre des congrès Delta Saguenay du 25 au 28 septembre. www.salondulivre.ca