Contes et nouvelles, Guy de Maupassant

Il n’est pas facile d’aimer Maupassant. Le conteur, on ne peut que l’admirer. D’un trait, il campe un personnage, dessine un paysage, anime une situation. Pour peu qu’on puisse oublier en cours de lecture que ses paysans sont toujours bêtes, que ses femmes sont trop aisément conquises et que ses héros masculins ont pour ce qui s’est appelé plus tard le « politically correct » la plus totale indifférence. À vrai dire, on admire son habileté, mais souvent, il est infréquentable. À noter toutefois que ses chroniques tirées des journaux du temps nous le présentent sous un autre éclairage. Présentés dans l’ordre chronologique de leur parution dans des revues ou des journaux, ces contes et nouvelles que l’on ne tient plus pour des oeuvres mineures peuvent enchanter si on les parcourt à petites doses. Lus avec trop d’avidité, ils risqueraient de nous conforter dans cette idée que le XIXe siècle finissant est une bien triste époque. Une époque pendant laquelle sans trop de remords, les bourgeois pouvaient bouleverser la vie de petites ouvrières qu’on emmenait en canot le long de la Seine. Comme d’habitude dans la collection Quarto, une chronologie illustrée met le lecteur au parfum d’une vie qui s’est éteinte à 43 ans, dans les affres que l’on sait. Ne pas oublier non plus que s’intéresser à Maupassant, c’est aussi frayer aux côtés de Flaubert, Zola, Daudet et Manet.

Contes et nouvelles

Guy de Maupassant Gallimard Paris, 2014, 1818 pages