Apologie de la punition, Emmanuel Jaffelin

Après un Éloge de la gentillesse (François Bourin, 2010), Emmanuel Jaffelin arrive avec une Apologie de la punition dans laquelle il dresse le constat d’une « paresse pénale » et d’un refus de penser la punition au sein des pays occidentaux. L’acte de punir doit permettre, souligne-t-il, un retour sur « ce qui a eu lieu » et placer la personne jugée fautive sur le chemin du pardon, de la réconciliation et de la réinsertion. Cette punition restauratrice devrait intervenir non seulement lorsque la faute est criminelle — le système carcéral représentant à ses yeux une « impasse totale » —, mais également lorsqu’un parent ou un enseignant la juge appropriée. Un aspect sujet à controverse et traité de façon peu convaincante dans cet essai est la détermination des formes que peut prendre l’acte de punir dans nos sociétés. Quand Apologie de la punition laisse place, dans certains passages, à une défense de la gifle ou de la fessée du bon père de famille, c’est à se demander combien de lecteurs seront prêts à suivre la pensée du philosophe jusqu’au bout. Cet ouvrage invite donc à réfléchir sur l’essence de la punition, mais aussi sur la place que la société est prête à lui accorder.

Apologie de la punition

Emmanuel Jaffelin Plon Paris, 2014, 300 pages