La soirée de Mrs Dalloway, Virginia Woolf

Sept courtes nouvelles, écrites par Virginia Woolf alors qu’elle compose Mrs Dalloway, traversées par la même recherche — le souffle, le flot, le désir de décrire « toutes sortes d’états de conscience », jusqu’à la conscience de la robe portée ou de la soirée mondaine, cette obsession des différences de classe et de genre —, comme autant d’études, sont traduites dans ce petit livre par Nancy Huston. Ici, Mrs. Dalloway sort s’acheter des gants ; là, Prickett Ellis cherche en vain à impressionner Miss O’Keefe par sa bonté d’âme ; plus loin, Mabel est obsédée d’avoir choisi de porter la mauvaise robe. Autant d’états d’âme. Des études, peut-être, des essais, mais portés par un style… « Elle voulait, lit-on dans Présentations, que l’on ramasse son mouchoir dans l’escalier, et être papillon. Églises, parlements, immeubles, même les fils télégraphiques — tout cela créé, se dit-elle, par le travail des hommes, et ce jeune homme, se dit-elle, un descendant direct de Shakespeare, alors elle ne laisserait pas cette terreur, ce pressentiment de quelque chose d’autre, s’emparer d’elle, ratatiner ses ailes et la repousser vers la solitude. » Ce qu’il fera tout de même.

La soirée de Mrs Dalloway

Virginia Woolf Traduit de l’anglais par Nancy Huston Les Allusifs Montréal, 2014, 78 pages