Penser le passé, l’actualité et l’avenir

Une image montrant une collision de particules provoquée dans le Large Hadron Collider de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Une image montrant une collision de particules provoquée dans le Large Hadron Collider de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

En plus de l’actualité qui se charge de nous le rappeler chaque jour, un certain nombre de parutions cet automne vont nous confronter, une fois de plus, au problème de notre rapport à l’environnement. Michel Blay, préoccupé par les effets de l’obsession grandissante pour l’innovation technologique irresponsable, proposera une réflexion sur l’idée de nature dans L’existence au risque de l’innovation (CNRS).

 

Aux PUF, on pourra lire un essai sur les catastrophes écologiques à travers les divers discours apocalyptiques (Hicham-Stéphane Afeissa, La fin du monde et de l’humanité), et Georges Guille-Escuret se penchera sur les récupérations idéologiques de l’écologie scientifique (L’écologie kidnappée). Différents enjeux entourant les changements climatiques, médiatiques notamment, seront examinés par Jean-Baptiste Comby (Créer un climat favorable, Raisons d’agir).

 

De Nietzsche à Steiner

 

D’autres parutions nous feront découvrir, ou redécouvrir, l’univers de figures marquantes de l’histoire de la pensée. À surveiller : Nietzsche. La détresse du présent (Gallimard) de Dorian Astor, Marx et la philosophie(PUF) d’Emmanuel Renault, Walter Benjamin. La dialectique à l’arrêt(Armand Colin) de Marc Berdet, Philosophie de la nature et La tyrannie de la sciencede Paul K. Feyerabend (Seuil). L’héritage de l’oeuvre de Jacques Derrida fera l’objet du collectif Appels de Jacques Derrida (Hermann) et David Lapoujade, aux éditions de Minuit, cherchera à dégager le trait distinctif de la philosophie de Gilles Deleuze (Deleuze, les mouvements aberrants).

 

Dans Un long samedi(Flammarion), on aura le plaisir de suivre, sous forme d’entretiens avec Laure Adler, le parcours intellectuel du philosophe et critique littéraire George Steiner.

 

Sciences sociales et histoire

 

Avons-nous trop peur ? Gérald Bronner pense que oui. Poursuivant ses recherches sur les croyances collectives, il nous conseillera de « réenchanter le risque » au nom de notre avenir commun (La planète des hommes. Réenchanter le risque, PUF).

 

Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy vont suggérer aux gestionnaires la lecture du classique Essai sur le don (1925) de l’anthropologue Marcel Mauss ; le cycle engendré par le don permettrait en effet aux entreprises d’accroître leur rentabilité, pour le bien de tous (La révolution du don. Le management repensé à la lumière de l’anthropologie, Seuil).

 

Aussi, le collectif Vers une économie « humaine » ? (Hermann) rappellera la contribution de quelques intellectuels français, Henri Lefebvre et Emmanuel Mounier parmi d’autres, qui ont tenté de lutter à leur époque contre l’inhumanité de l’économie.

 

Notons également le livre d’Ivan Jablonka qui tente de réconcilier l’histoire et la littérature en montrant les diverses possibilités de l’écriture qui s’offrent au chercheur en sciences sociales (L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Seuil).

 

Le spécialiste américain de l’histoire du livre Robert Darnton s’intéresse aux mécanismes de la censure (De la censure. Essai d’histoire comparée, Gallimard) et, aux PUF, on pourra lire un essai sur les histoires universelles (Hervé Inglebert, Le monde, l’histoire. Essai sur les histoires universelles, PUF). Terminons sur une note un peu plus intime avec Georges Vigarello et une histoire de la perception du corps depuis le siècle des Lumières, histoire qui fera sans aucun doute écho à notre propre expérience (Le sentiment de soi, Seuil).

On retient

L’existence au risque de l’innovation, de Michel Blay (CNRS)


Pour l’approche critique face aux effets de l’innovation technologique.



L’ultime atome. De Démocrite au boson de Higgs et au-delà, d’Étienne Klein et Heinz Wismann (Albin Michel)

Pour le coup d’oeil sur l’émergence d’une vision globale de notre planète.



La Terre vue d’en haut. L’invention de l’environnement global, de Vincent Grevsmühl (Seuil)

Pour l’histoire ancienne et actuelle de la recherche sur l’infiniment petit.