Des vétérans et une recrue

Les jeunes lecteurs sont-ils prêts à affronter l’avalanche automnale ? La production est riche, entre les nouveautés et les suites qui s’étirent (Le blogue de Namasté, par exemple, des éditions La Semaine, a fait paraître cet été son 18e tome…), entre les vétérans, les incontournables et les recrues à découvrir. Tour de piste.

Au rayon des albums jeunesse, les routiers sont omniprésents en ce début de saison. On ne peut passer sous silence Le cirque en folie (Courte Échelle), signé à quatre mains par deux auteurs parmi les plus illustres du métier : Roger Paré et Gilles Tibo. Les deux vétérans allient leurs plumes pour raconter les numéros de cirque les plus farfelus, en compagnie de Toutti la souris et de ses amis.

 

Les grands noms reviennent : quelques ouvrages collectifs sortent du lot de parutions et ne manquent évidemment pas de rapatrier les talents au long cours. Tenez, Gilles Tibo récidive avec un autre pilier de l’édition jeunesse, Robert Soulières, dans L’été indien et 43 petites histoires (Soulières). Le projet est réalisé en collaboration avec Illustration Québec et offre ainsi une vitrine sur le travail de 44 illustratrices et illustrateurs d’ici (dont Josée Charbonneau, Alain Reno, Fil et Julie et la jeune Maira Chiodi) autour de thèmes rassembleurs : l’épluchette de blé d’Inde, le sirop d’érable, la Coupe Stanley, la neige, etc. Les deux pionniers y signent les courts textes directement inspirés des images, avec Colombe Labonté et Johanne Mercier.

 

Autre ouvrage célébrant collectivement l’illustration, Un moteur, deux portes, vingt-sept illustrateurs souligne les dix ans des éditions La Bagnole. L’abécédaire a pour sujet les chars (Corvette, Mustang, Volkswagen…) et ce qui gravite autour d’eux (essuie-glace, ciné-parc, roulotte, asphalte…). Le texte de Robert Soulières donne un autre aperçu de la scène de l’illustration au Québec. Les griffes vont de Philippe Béha à PisHier, en passant par Marie-Ève Tremblay et Camille Lavoie.

 

Un petit nouveau surnage : le jeune designer graphique français Jean Julien signe un premier album jeunesse chez Comme des géants, en collaboration avec Gwendal Le Bec. Ralf s’annonce aussi irrésistible que les précédents (et premiers) titres de la nouvelle maison d’édition. C’est l’histoire d’un chien saucisse dont la maladresse d’un corps trop long sauvera finalement ses maîtres…

 

Quelques mots et pages de plus

 

Du côté des romans, les vétérans se révèlent également fort productifs et parfois chez plusieurs éditeurs à la fois. La palme en cette matière revient cet automne à Camille Bouchard, qui publie trois romans pour ados :
La forme floue des fantômes(Soulières), La gentillesse des monstres (La Bagnole), deux histoires qui mettent en scène des personnages un peu « spéciaux », et Les chiens entre eux (Québec Amérique), qui nous emmène dans l’univers de la corruption policière au Mexique.

 

Dans la même catégorie, on note le retour des prolifiques Laurent Chabin (La momie du belvédère, Hurtubise, une quête archéologique à Montréal), François Barcelo (Napoléon Ratté, le conquérant du mont Chapeau, Soulières, une fin de semaine en forêt qui diffère du plan initial…) et François Gravel (Lazare Vollant, Québec Amérique, un thriller « paranormal »). Ajoutons à ce bataillon le poète Roger Des Roches, auteur de la série jeunesse Marie Quatdoigts, qui reprend du collier dans cette talle avec Boîtàmémoire(Courte Échelle), un roman qui fait écho à un recueil de poésie pour ados qu’il avait publié chez le même éditeur il y a 12 ans, Le verbe coeur.

 

Outre cette horde de messieurs, soulignons le retour à l’écriture pour les jeunes du primaire de Sonia Sarfati, auteure très prolifique dans les années 1990 et 2000 et journaliste à La Presse, avec Les trois grands Cauchon (Québec Amérique), une variation « ménagère » du célèbre conte.

 

Le sang neuf ne manque pas en littérature jeunesse, mais nous serons particulièrement curieux de lire le premier roman pour adolescents de l’auteure du blogue Les Fourchettes, Sarah-Maude Beauchesne, une romance à l’eau de piscine intitulée Coeur de slush(Hurtubise). Des frissons estivaux pour l’automne ? Pourquoi pas…

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