De Marie-Claire Blais à Martin Michaud, en passant par Dominique Demers et Hervé Bouchard…

Catherine Mavrikakis s’inspire de la vie de son père dans La ballade d’Ali Baba
Photo: Marie-Hélène Mattera Catherine Mavrikakis s’inspire de la vie de son père dans La ballade d’Ali Baba

Marie-Claire Blais et Catherine Mavrikakis ouvrent en force la nouvelle saison québécoise. Reviennent aussi Suzanne Myre, Marie-Sissi Labrèche, Simon Boulerice, Jean-François Beauchemin… et, bien sûr, Michel Tremblay. Au rayon découvertes : les premiers ouvrages littéraires de la journaliste Michèle Ouimet, de l’animatrice Catherine Perrin et du chanteur Jérôme Minière.

Trois lauréates du Grand Prix du livre de Montréal proposent un nouveau roman. Marie-Claire Blais ajoute un septième titre à sa monumentale fresque Soifs avec Au jardin des acacias (Boréal). Catherine Mavrikakis s’inspire de la vie rocambolesque de son père dans La ballade d’Ali Baba (Héliotrope). Et l’auteure de La pisseuse, Anne Élaine Cliche, nous raconte « une histoire détournée qui renverse le passé en futur » dans Jonas de mémoire (Quartanier).

 

Autres titres déjà disponibles : La mandibule argentée, signé Bertrand Busson, lauréat du Grand Prix littéraire Archambault 2013 pour Le phyto-analyste (Marchand de feuilles) ; La revanche de l’écrivaine fantôme, deuxième roman de David Turgeon, par ailleurs bédéiste (Quartanier), et L’année où Marilyn fit scandale, de Richard Vézina, qui nous ramène aux années 1950 (Sémaphore).

 

L’intarissable Claude Jasmin poursuit le récit de ses histoires d’amour de jeunesse avec Élyse, la fille de sa mère (XYZ). L’artiste multidisciplinaire Julie Hétu propose Mot, avec en toile de fond la guerre au Liban (Triptyque). Après Coulées, le poète Mahigan Lepage, Prix Émile-Nelligan 2011, publie un nouveau récit marqué par l’exploration du territoire : Fuites mineures (Mémoire d’encrier).

 

Le scénariste Martin Doyon, associé à plusieurs séries jeunesse, dont Ramdam, signe un premier roman dans lequel rêve et réalité s’imbriquent : Les improductifs (Hurtubise). Parmi les autres nouvelles voix littéraires : Thomas O. St-Pierre, avec Même ceux qui s’appellent Marcel, où il est question de mâlitude contemporaine (Leméac), et William Drouin, avec L’enfant dans la cage, où un jeune garçon se défend contre l’enfermement grâce à son imagination (XYZ).

  

La manne de septembre

 

La nouvelliste à l’humour caustique Suzanne Myre publie son deuxième roman, B.E.C. : Blonde d’entrepreneur en construction (Marchand de feuilles). Jean-François Beauchemin poursuit sa quête de sens dans une suite de récits introspectifs, Une enfance mal fermée (Leméac). Hervé Bouchard raconte l’évolution d’un jeune joueur de hockey dans Numéro six (Le Quartanier).
 

Parmi les auteurs à surveiller : Mélissa Verreault avec L’angoisse du poisson rouge (La Peuplade), Patrice Lessard avec L’enterrement de la sardine (Héliotrope) et Louis Carmain, Grand Prix littéraire Archambault, gagnant du Prix littéraire des collégiens 2014, qui propose Bunyip (L’Hexagone). On verra aussi sur les rayons les romans d’Aki Shimazaki (Leméac), de Danielle Dussault (Lévesque), de Pascal Millet (XYZ) et d’Annie Loiselle (Stanké).

 

Nicole Houde traite de déficience intellectuelle dans La vie pour vrai (La Pleine Lune). Marie-Christine Arbour s’intéresse à l’anorexie dans Schizo (Triptyque). Virginia Pésémapéo Bordeleau fouille la question du deuil dans L’enfant hiver (Mémoire d’encrier).

 

On découvrira le 17 septembre le récit que consacre l’animatrice Catherine Perrin à sa mère (Québec Amérique). Autre nouvelle plume : celle de Dionis Cerdà, Québécois d’origine espagnole qui enseigne le français en Chine : Des monstres nous transporte dans l’univers de quatre élèves du secondaire, avec un climat d’étrangeté qui n’est pas sans rappeler Le maître des illusions de Donna Tartt, indique l’éditeur (Fides). C’est la guerre au Liban vue par des enfants qui est l’objet du premier roman de Ghayas Hachem, Play boys (Boréal). Et c’est la mort d’un enfant qui inspire Valérie Carreau dans Une mère exceptionnelle (Marchand de feuilles).

 

Côté nouvelles, on lira celles de Jean-Paul Beaumier (Druide), de Daniel Castillo Durante, (Lévesque) et de Sylvie Massicotte (L’Instant même).

 

Luc Mercure publie pour sa part une novella, Port de mer : un jeune étudiant en littérature se fait agresser par un homme qu’il a suivi chez lui (Québec Amérique).

  

Feuilles d’automne


En octobre, Marie-Sissi Labrèche joue avec certains codes de la science-fiction dans un roman axé sur la famille, La vie sur Mars, et Simon Boulerice promet de nous faire rire jaune dans Le premier qui rira (Leméac). Dominique Demers se livre à coeur ouvert dans Chronique d’un cancer ordinaire. Ma vie avec Igor (Québec Amérique). Pierre Caron traite aussi du cancer dans Quelque chose est arrivé à Christiane (Recto verso). Charlotte Gingras délaisse la littérature jeunesse avec No man’s land (Druide).

 

Janette Bertrand revient avec ses histoires de couples pour un tome iii de Lit double (Libre Expression). Isabelle Vinet propose Les fées noires, présenté comme une « chronique d’un monde à la fois réel et irréel » (Trois-Pistoles). Quant à Michèle Ouimet, qui se risque au roman pour la première fois, elle met en scène, dans La promesse, une jeune Afghane mariée de force qui a fui son mari violent (Boréal).

 

C’est plus tard, en novembre, que le chanteur Jérôme Minière publie son premier roman, L’enfance de l’art (XYZ). Louise Tremblay-D’Essiambre fera paraître le tome iv de sa saga populaire Les héritiers du fleuve (Guy Saint-Jean). Et, juste à temps pour le Salon du livre de Montréal, Michel Tremblay nous ramènera aux années 1930 dans Survivre ! Survivre ! (Leméac).

Ensemble c’est tout

Dominique Fortier et Nicolas Dickner signent en septembre un ouvrage à quatre mains qui s’annonce des plus atypiques : Révolutions (Alto). Martin Michaud, Pierre Szalowski, Claudia Larochelle et Aline Apostolska publient chacun un roman qui met en scène un écrasement d’avion (VLB). Plusieurs ouvrages collectifs suivront en octobre.
Bienvenue aux dames fait la part belle aux écrivains masculins, dont Jean-François Beauchemin, Steph Rivard, Fabien Cloutier et Jean-Paul Daoust (VLB). Stéphane Dompierre dirige Nu, axé sur l’érotisme, auquel participent notamment Guillaume Vigneault et Patrick Senécal (Québec Amérique). Robert Lalonde collige et présente les textes de Comme une seule voix, des carnets d’écrivains signés entre autres par Marie Clark et Yvon Paré (Lévesque). Parmi la vingtaine d’auteurs qu’on pourra lire dans Un début de siècle. Essais sur la littérature, sous la direction de Jean-François Chassay : Samuel Archibald, Éric Plamondon, Marie Hélène Poitras, Nicolas Dickner, Karoline Georges et Jean-Simon DesRochers (Le Quartanier). Ce dernier fera aussi paraître à titre individuel un autre essai littéraire, Processus agora (Herbes rouges).
1 commentaire
  • Paul Sven - Inscrit 3 septembre 2014 00 h 25

    La littérature ne survivra pas si...

    Moi, j'espère surtout quelque chose comme un tome 2 de la saga de Porée-Kurrer qui nous parle avec brio de ce qui nous attend au prochain virage : la singularité. Cela m'amène à demander comment se fait-il que si peu d'auteurs chez nous s'aventurent dans les questions contemporaines ? Les acteurs du monde du livre se lamentent que les affaires vont mal, pourtant ils continuent à nous proposer les mêmes sujets déjà mille fois rabâchés. Sans aucun doute de très bons textes, mais très peu de matière à penser demain. Faut-il en déduire que demain ne sera pas et que d'ici la fin il est plus doux de s'étourdir dans la nostalgie ?