Un automne en mouvement

Un peu pour les enfants, un peu pour les parents, Mes Dinky explore le monde de l’enfance.
Photo: La Pastèque Un peu pour les enfants, un peu pour les parents, Mes Dinky explore le monde de l’enfance.

Ça bouge dans l’univers de la bande dessinée avec, pour cette rentrée, plusieurs titres qui proposent de mettre le lecteur en mouvement.

 

Dans la ville de Québec avec Colis 22 (La Pastèque), deuxième titre en carrière du très précis Marsi. L’album est un thriller à vélo qui, dans la Vieille Capitale, met en vedette Pluton, un messager cycliste, et un paquet sur lequel une poignée de personnes va chercher à mettre la main avant qu’il ne soit apporté à destination. Pourquoi ? Comment ? Et avec quelle conséquence ? Il faudra bien sûr scruter 160 pages pour le savoir.

 

Dans les méandres du cerveau avec Légal (KSTR), de Cédric Gouverneur et Amazing Amaziane. De l’évasion en veux-tu en voilà avec ce polar dessiné qui place son action dans une France de 2019 où la consommation de cannabis a été… légalisée. Le déplacement se joue en planant, forcément au-dessus d’une ville qui va faire le premier pas en donnant à un ex-trafiquant de drogue le soin d’organiser cette nouvelle économie du buzz. Le tout entre fascination, révolution et opposition. Bien sûr.

 

À l’extérieur de son existence avec Coeur glacé (Le Lombard), de Johan de Moor et Gilles Dal. Le père de la très hilarante série La vache semble vouloir se faire ici un peu moins comique et un peu plus introspectif. Il s’agit du récit d’un homme ordinaire, sans histoire, mais affligé par la banalité de sa vie « réglée comme du papier à musique ». Devant ce vide, il va se donner un mois, pour voir… et savoir ce qu’il va faire pour se sortir de cette condition. Il va aussi le faire avec un dessin sublime et un scénario taillé au couteau suisse.

 

Dans l’enfance avec Mes Dinky (La Pastèque), de Rémy Simard. Un peu pour les enfants, mais également un peu pour les parents, cet album plonge dans le monde des petites voitures et surtout dans l’enfance qu’elles ont rythmé, celle de l’auteur. Le trait est reconnaissable dès les premières mesures, tout comme la sensibilité et la poésie du père de Boris.

 

Dans la géométrie de la Corée du Sud avec Jimjilbang (Cornélius) de Jérôme Dubois. Dans la vraie vie, le Jimjilbang, c’est un sauna coréen qui se fréquente en pyjama (!). Dans le monde de la bande dessinée, c’est désormais une oeuvre tout en géométrie et en lignes claires qui relate l’aventure, la vie et les découvertes de Dubois dans cette société qui parfois peut se faire étrange. « Pourquoi je suis venu ici ? », se demande l’auteur en guise d’ouverture. Pour y façonner un bouquin débordant d’élégance, risquent de lui répondre ses lecteurs.

 

Sur une route emblématique avec Sur la Transsaharienne (Aire libre) de Pierre Christin et Sébastien Verdier. Le mythique axe de transport et de communication devient ici lieu de rencontre entre plusieurs jeunes partis de trois points différents du monde pour aller ailleurs en passant par là. Il y a Diop et Norbert, fuyant la misère, Fanny, Nico et Lila, se cherchant dans l’humanitaire, et Karim qui, avec Chafiq, va à la chasse. Mais il y a surtout un incroyable croisement de destins.

 

Dans les codes de l’horreur avec Les cousines vampires (Pow Pow) de Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau. C’est une aventure scénarisée par l’homme derrière Pinkerton (La Mauvaise Tête), qui explore cette fois l’univers du fantastique et des grands classiques qui ont façonné le genre, en passant par des cousines vampires. Forcément.

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