«J’achète un livre québécois» fait bondir les ventes

L’initiative de cette journée a non seulement déclenché une vague de sympathie et d’égoportraits en compagnie d’un livre aimé, elle a donc bel et bien stimulé les achats.
Photo: Archives Le Devoir L’initiative de cette journée a non seulement déclenché une vague de sympathie et d’égoportraits en compagnie d’un livre aimé, elle a donc bel et bien stimulé les achats.

L’écho des libraires en faisait déjà un Noël en août, voici que les chiffres le confirment. L’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois a effectivement fouetté les ventes de livres québécois de 49 % et les ventes globales de 27 %, tous marchés confondus.

 

La Banque de titres de langue française (BTLF) a analysé la moyenne des ventes des quatre mardis précédents pour prendre le pouls de la hausse.

 

Selon les résultats fournis par Gaspard, son système d’information sur les ventes de livres, les livres étrangers ont pour leur part enregistré une petite majoration de 3 %. Quand on ventile les ventes par catégories de livres, la littérature québécoise en sort grande gagnante avec 103 % d’augmentation. La bande dessinée en profite aussi, avec une belle embellie de 42 %.

 

Lancée sur Facebook et massivement relayée, l’initiative de cette journée, venue spontanément de deux écrivains, Patrice Cazeault et Amélie Dubé, a non seulement déclenché une vague de sympathie et d’égoportraits en compagnie d’un livre aimé, elle a donc bel et bien stimulé les achats.

  

Le scolaire battu

 

Elle a même « bouleversé l’ordre des choses », précise Christian Reeves, directeur des ventes Gaspard de la BTLF. Car le mois d’août voit toujours trôner le livre scolaire au sommet des ventes. Or, le 12 août, c’est la littérature qui l’emporte, suivie des titres jeunesse, reléguant le scolaire au troisième rang. Et, comble du joyeux désordre, seul le livre pratique a écopé cette journée-là.

 

Ceci dit, il faudrait une journée comme celle-là chaque mois, car aussi glorieuse soit-elle, elle ne parvient pas à faire oublier la cruelle chute des ventes globales de livres pour les quatre premiers mois de 2014. Une dégringolade de 20 millions de dollars sur les 200 millions (- 10 %) cumulés les mêmes mois de l’année précédente, selon les chiffres de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec rattaché à l’Institut de la statistique du Québec. Et c’est particulièrement du côté des librairies, avec leur recul de 15 millions (-11 %), que les résultats inquiètent.

 

La campagne spontanée d’un jour a par ailleurs fait des petits dans d’autres secteurs. Deux événements du même genre ont vu le jour pour stimuler les achats locaux. Le 27 août, j’achète un aliment québécois est une initiative du Nutritionniste urbain, qui plaide, en pleine saison des récoltes, que si chaque Québécois remplaçait 30 $ par année d’aliments étrangers par des aliments produits ici, le Québec récolterait un milliard de dollars en cinq ans. Jeudi, la page Facebook annonçait 1900 participants. Lancé mardi, Le 12 septembre, je déguste un vin québécois en affichait pour sa part 344.

1 commentaire
  • Gil France Leduc - Inscrite 22 août 2014 11 h 21

    Précision...

    En consultant le palmarès établi par BTLF, on se rend compte que 3 des positions appartiennent à des livres publiés au Québec(ADA), mais d'un auteur américain, la série Divergence, dont un film a récemment été sur nos écrans. Or, chacun sait que le 12 août, j'achète un livre québécois, était centré sur les auteurs québécois. On la assez répète.

    http://www.btlf.qc.ca/Infolettres/Gaspard/tabid/11

    Lorsque j'ai contacté M. Reeves, au lieu d'admettre son erreur et de la corriger, voici ce qu'il m'a répondu :

    « (...) L’esprit de l’initiative des auteurs était d’encourager l’édition québécoise et les librairies au passage, nous semble-t-il.
    Une journée consacrée aux auteurs québécois aurait sans doute donné des résultats légèrement différents… »