L’auteure Micheline La France est décédée

Micheline La France
Photo: Josée Lambert Micheline La France

L’auteure Micheline La France, qui a signé romans, poésie, nouvelles, mais aussi au début de sa carrière des dramatiques radio et télé, est décédée des suites du cancer le lundi 21 juillet. Elle avait 70 ans.

 

Née dans Rosemont en 1944, où elle a grandi, Micheline La France se met à écrire toute jeune, dès 8 ans, et rimaille des alexandrins à 13 ans. D’abord comédienne — elle était de la cuvée de Pierre Curzi et Paule Baillargeon à l’École nationale de théâtre —, elle se tourne ensuite vers l’écriture. Dramaturge, elle signe par ailleurs en 1979 la biographie Denise Pelletier ou la folie du théâtre (Scriptomédia). C’est au détour de la quarantaine qu’elle se met au roman, avec Bleue (Libre Expression, 1985), dont le personnage principal naît par sa voix et son jeu, dans des monologues théâtraux. L’auteure alternera ensuite recueils de nouvelles et romans, donnant vie à l’écrivain-enquêteur Marc Léger qui traversera, de ses quêtes littéraires et métaphysiques, Le visage d’Antoine Rivière (L’Hexagone, 1994)et Le don d’Auguste (XYZ, 2000).

 

Micheline La France, au fil du temps, s’est impliquée dans la vie théâtrale et littéraire. Elle a été, entre autres, la première animatrice du Théâtre d’Aujourd’hui pour le Centre d’essai des auteurs dramatiques.

 

En écriture, l’identité sera un de ses thèmes récurrents et une de ses préoccupations, comme la mort qu’elle cherche à dédramatiser, et l’incommunicabilité, créant avec son talent de conteuse « des univers où les personnages sont pris au piège de leurs propres machinations, se servant des histoires comme plaidoyer contre l’inertie et la sottise », ainsi que le rapportait Marie-Claire Girard à l’époque en nos pages.

 

« Mes histoires, disait Micheline La France à cette dernière en entrevue à la sortie du recueil de nouvelles Vol de vie (L’Hexagone, 1992), reflètent bien les problèmes du Québec et de notre société et la fin de siècle que nous vivons. L’identité étant une notion floue et l’écriture, un miroir promené au bord du chemin, nous sommes aux prises avec l’autocensure au moment d’écrire de la fiction. Nous n’avons pas la voix forte. Parler haut, écrire haut équivaut à une provocation. Comment parler, respirer, être soi-même dans un pays comme celui-ci où nous sommes tous terrorisés à l’idée de la confrontation ? »

 

Micheline La France laisse entre autres dans le deuil son conjoint, le poète, essayiste et ex- directeur des pages littéraires au Devoir Jean Royer.


Relisez Un roman à lectures multiples, une entrevue avec l'auteure réalisée par Odile Tremblay en 1990 (pdf)
2 commentaires
  • Monique Boucher - Inscrite 24 juillet 2014 22 h 11

    Écrivaine silencieuse...

    Encore une autre grande écrivaine et créatrice qui s'éteint, dans un silence un peu trop lourd...

  • Michèle Laframboise - Abonnée 25 juillet 2014 10 h 48

    Merci Micheline!

    Elle m'avait aidée pour mon premier roman.

    Je me souviens d'elle avec reconnaissance. Ignorée des grands médias qui paradent souvent les écrivaines plus "jeunes" et sexy, Micheline montrait une grande sensibilité artistique et humaine. Beaucoup des conseils qu'elle m'a donnés ont porté leurs fruits après mon 14e roman... Merci Micheline!