La vie en mieux, Anna Gavalda

Quiconque a déjà lu Anna Gavalda sait que l’écrivaine française ne se perd pas en considérations philosophiques. Reprenant son style franc et haché, La vie en mieux raconte en deux histoires distinctes le destin de jeunes citadins un peu perdus que le hasard a lancés en zones fortement sismiques : une possibilité d’amour pour Mathilde, une possibilité d’horizon pour Yann. Plutôt alambiqué sur les bords, le premier scénario a surtout du mal à convaincre. Une vie chamboulée grâce à un bon samaritain hautement magnétique et mystérieux ? Déjà vu… En revanche, la longue discussion de Yann avec ses voisins, de bons vivants qui le tirent de son néant existentiel, ramène au talent premier de Gavalda : tourner le fer dans les plaies ouvertes pour faire sortir la vérité crue. Le fond du fond. L’espoir latent. Spécialiste du désossage d’âmes esseulées, l’écrivaine saisit avec justesse les enjeux des générations qu’elle observe, ici clairement victimes du « progrès » et de ses leurres. Comme toujours, Gavalda vire et revire un langage très familier fait de jargon français — un style percutant et efficace, certes, mais dont il faudra peut-être un jour raffiner la recette.

La vie en mieux

Anna Gavalda Le Dilettante Paris, 2014, 286 pages