La romance et la cuisine, reines des librairies

Une très légère hausse des ventes totales de livres — 0,5 % — donne une année presque semblable à 2012.
Photo: Une très légère hausse des ventes totales de livres — 0,5 % — donne une année presque semblable à 2012.

Le palmarès général ne surprendra personne. Il en chagrinera peut-être certains. Les meilleures ventes de livres, toutes catégories et nationalités confondues, dévoilées par le bilan Gaspard du marché du livre au Québec 2013, rappellent une réalité parfois difficile à avaler pour les palais littéraires plus fins : c’est d’abord par la cuisine et la romance que le livre entre dans les foyers.

 

En compilant les ventes de 225 points de vente de livres au Québec, l’échantillonnage recueilli par Gaspard représente à peu près 42 % du marché total. Quels livres se sont vendus en 2013 ? Les quatre premières places reviennent aux spécialistes du best-seller, les éditions JC Lattès, avec la trilogie des Cinquante nuances d’E. L. James, suivi par l’Inferno de Dan Brown. Derrière ceux-là se trouve le dernier Astérix (Albert René) qui passe, pour cette faible cuvée, chez les Pictes. Puis c’est La mijoteuse, de la lasagne à la crème brûlée, du médiatique chef Ricardo Larrivée (La Presse). Avant d’arriver à des nourritures plus spirituelles, il faut attendre le neuvième rang, occupé par Kim Thúy et son deuxième opus, mãn. Ru, son premier roman (tous deux chez Libre Expression), livre une fort honnête compétition, occupant la 42e place du palmarès, cinq ans après sa sortie.

 

À quelques coups de fourchette près, le marché du livre au Québec se tient bien à table. Une très légère hausse des ventes totales — 0,5 % — donne une année presque semblable à 2012. Ces ventes totales rassemblent la production nationale et étrangère. Si l’on ne considère plus que la production d’ici, les ventes baissent d’un point de pourcentage par rapport à l’an passé. La production québécoise ne se porte pas mal : les catégories jeunesse et littérature en dominent le marché, avec des augmentations respectives de 2,1 % et 3,5 %. La catégorie biographies québécoises, quant à elle, se démarque avec un bond de 30 % comparativement aux ventes de l’an dernier, gonflée par les vies de Serge Fiori (CRAM), Ginette Reno (Intouchables), Guy Lafleur (Un monde différent) et Claude Poirier (Stanké).

 

La littérature reste un plat de résistance. Sur les 21 catégories du palmarès Gaspard, elle est en tête des ventes. Et le roman représente 40 % du nombre d’exemplaires vendus dans l’ensemble de la catégorie.

 

Le dessert, enfin, ravira les appétits chauvins : 52,5 % des ventes totales en librairies sont des productions canadiennes, le reste allant à l’étranger.


Avec Catherine Lalonde

Les dix meilleurs vendeurs 2013 Gaspard en littérature

En littérature, il s’est vendu 2 508 732 exemplaires en 2013, cumulant des ventes de 48 619 242 $.

Cinquante nuances plus sombres (JC Lattès), E.L. James

Cinquante nuances de Grey (JC Lattès), E.L. James

Cinquante nuances plus claires (JC Lattès), E.L. James

Inferno (JC Lattès), Dan Brown

mãn (Libre Expression), Kim Thúy

Mauvaise foi (Québec Amérique), Marie Laberge

Demain (XO éditions), Guillaume Musso

Les héritiers du fleuve, volume i (Guy St-Jean), Louise Tremblay-D’Essiambre

Un sentiment plus fort que la peur (Robert Laffont), Marc Levy

La vérité sur l’affaire Harry Quebert (Fallois), Joël Dicker
2 commentaires
  • Corriveau Louise - Abonnée 5 juin 2014 14 h 07

    42 % ?

    Il serait utile de savoir ce que représentent ces 42 % du marché (ou inversement, les autres 58 %). Il n'y a pas de problème à publier ces données qui sont un réel progrès dans la connaissance du marché, mais selon les types de détaillant, les best-sellers peuvent différer. D'autre part, la BTLF pourrait offrir gratuitement au public une liste générale des 20 meilleurs vendeurs, ce qui n'enlèverait pas de valeur aux nombreuses listes offertes dans son "Bilan Gaspard 2013" offert à 55 $.
    Claude Martin
    Prof. honoraire, Université de Montréal

  • Loyola Leroux - Abonné 6 juin 2014 21 h 45

    La romance se vend bien : ce qu'en pense Stendhal

    Stendhal, Appendice sur le ‘’Rouge et le noir’’, Classique Garnier.

    ‘’La grande occupation de femmes de province en France, c’est de lire des romans. Les mœurs sont fort pures en France dans les petites villes ; chaque femme surveille sa voisine et Dieu sait qu’il n’y eut jamais de police mieux faite. … On peut dire que, dans l’intérêt de son despotisme, Napoléon a fondé cette ennuyeuse pruderie, et que la congrégation l’a fixée dans les mœurs de la province. … Voila les mœurs nouvelles pour la France qu’a voulu peindre M. de Stendhal. … De la l’immense consommation de romans qui a lieu en France. Il n’est guère de femme de province qui ne lise cinq ou six volumes par mois, beaucoup en lisent quinze ou vingt … Toutes les femmes de France lisent des romans, mais toutes n’ont pas la meme degré d’éducation, de la, la distinction qui s’est établie entre les romans pour les femmes de chambre (je demande pardon de la crudité de ce mot inventé, je crois, par les libraires) et le roman des salons. … faire pleurer les beaux yeux de province … le héros est toujours parfait et d’une beauté ravissante… Sir Walter Scott a eu environ deux cents imitateurs en France … après un an ou deux, ils sont tombés dans un profond oublil. … ‘’