Livre – L’imaginaire du 11 septembre 2001, sous la direction de Bertrand Gervais, Alice van des Klei et Annie Dulong

Comment traiter le 11-Septembre et l’effondrement des tours ? Quinze universitaires de divers horizons ont lu les romans américains, québécois et autres, qui évoquent l’événement « en temps réel », « la pointe acérée d’une réalité qui vient s’encastrer dans l’ordre du discours ». Treize ans plus tard, qu’en fut-il dit que nous n’ayons vu, imaginé, compris ? Cette violence indicible, comme chez Paul Auster, ou confrontée, comme chez Jonathan Safran Foer, Don DeLillo, Colum McCann, Helen Schulman, Lynne Sharon Schwartz et Jess Walter, comment l’écrire ? Si ce collectif est savant, certaines pages sont une merveille à lire, surtout dans la section où est commentée l’image de l’homme qui tombe (The Falling Man). La photo de Drew, montrant à vif un de ces jumpers en chute libre, est devenue l’icône des attentats. Défenestration horrible, incomparable performance macabre, elle figure l’impuissance.

 

Un corpus de fictions québécoises (Martine Delvaux, Catherine Mavrikakis, Mathieu Arsenault, Annie Dulong), de cinéma, de bédé et de musique étoffe ce « comment dire ? » d’une catastrophe qui revira l’Histoire. L’acrobate Philippe Petit, entre les tours jumelles, a ressurgi des mémoires. On retrouva Icare. Mais ici, nul exploit, un événement ni médiatique ni du spectacle. Sons, mots, images défaillent encore. Et pourtant, l’Histoire débute avec un tel ouvrage, couvrant les multiples domaines qui en sont les marqueurs. La poussière est-elle retombée ? Au mutisme, on voit le trauma.

L’Imaginaire du 11 septembre 2001 Motifs, figures et fictions

Sous la direction de Bertrand Gervais, Alice van der Klei et Annie Dulong Nota bene Montréal, 2014, 315 pages