Réouverture de la bibliothèque emblématique de Sarajevo

La Vijecnica, la bibliothèque nationale de Sarajevo, joyau architectural de la capitale mais aussi symbole des destructions qu’elle a subies pendant la guerre de Bosnie, a été inaugurée vendredi dernier à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. C’est au sortir de l’édifice que l’archiduc François-Ferdinand fut assassiné, un trop célèbre 28 juin 1914.

 

« Vijecnica est le symbole de notre force de surmonter le passé et de notre souhait d’un avenir différent et meilleur », a déclaré le maire de Sarajevo, Ivo Komsic, après que l’orchestre philharmonique de Sarajevo eut entonné l’hymne européen, l’Ode à la joie de Beethoven.

 

Dans la nuit du 25 au 26 août 1992, à partir des montagnes dominant Sarajevo, les artilleurs serbes avaient incendié le bâtiment, construit en 1896 en style pseudo-mauresque, alors que la Bosnie faisait partie de l’Empire austro-hongrois. Les flammes avaient détruit près de deux millions d’ouvrages, dont de nombreux livres rares. L’imposant immeuble, au départ le siège de l’administration municipale, abritait la bibliothèque nationale de Bosnie depuis 1949. Les travaux de reconstruction qui ont débuté en 1996 ont coûté plus de 12 millions d’euros, dont 9 millions ont été octroyés par l’Union européenne. En plus de la bibliothèque nationale et universitaire, l’immeuble abrite l’hôtel de ville et un musée.

 

Joyau historique et architectural

 

Le membre musulman de la présidence tripartite de Bosnie, Bakir Izetbegovic, a salué avec cette ouverture un « triomphe de la civilisation sur la barbarie ».

 

« Le 9 mai 2014, à l’occasion de la Journée de l’Europe et à l’occasion de l’anniversaire de la victoire sur le fascisme, nous restituons aux citoyens de Sarajevo et de la Bosnie un véritable joyau historique et architectural », a-t-il déclaré.

 

Il a évoqué la mémoire de « ceux qui n’ont pas survécu à la guerre et qui ne sont plus avec nous, les 11 541 citoyens de Sarajevo tués durant le siège le plus long de l’Europe moderne ».

 

La Bosnie a connu de 1992 à 1995 une guerre intercommunautaire qui a fait environ 100 000 morts, pour la plupart des musulmans bosniens.


Avec Le Devoir