Retour des lecteurs dans les librairies?

Après des baisses en 2011 (707 millions de dollars) et en 2012 (678,2 millions), les ventes de livres neufs ont augmenté en 2013 de 13,2 millions de dollars, pour atteindre 691,5 millions.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Après des baisses en 2011 (707 millions de dollars) et en 2012 (678,2 millions), les ventes de livres neufs ont augmenté en 2013 de 13,2 millions de dollars, pour atteindre 691,5 millions.

L’année 2013 en a été une forte de discussions et de revendications pour le milieu du livre québécois, tirée par le desideratum d’une majorité pour une loi sur le prix unique du livre neuf et par une commission parlementaire sur le sujet. Hasard ? Les statistiques sur les ventes de livres neufs au Québec, cumulées par la Banque de données des statistiques officielles, dévoilent une remontée des ventes en 2013.

 

Une petite remontée — 13,2 millions de dollars —, mais d’autant plus notable qu’elle vient casser une baisse continue du montant des ventes totales depuis 2009. Fait marquant, cette remontée touche particulièrement les librairies, alors que les ventes de livres en grandes surfaces, chez les Costco, Walmart et consorts, stagnent. Serait-ce un retour des lecteurs en librairies ?

 

Après des baisses en 2011 (707 millions de dollars) et en 2012 (678,2 millions), les ventes de livres neufs ont augmenté en 2013 de 13,2 millions de dollars, pour atteindre 691,5 millions. « Dans l’ensemble, commente le conseiller en recherche en culture et communication de la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec, Benoît Allaire, les ventes ont augmenté, mais on n’a pas encore rejoint les ventes de 2011. » En 2012, la baisse était particulièrement marquée chez les éditeurs scolaires, probablement due à « un certain effet du printemps érable », de la grève étudiante et des cours condensés ou annulés. « C’était une situation exceptionnelle, poursuit M. Allaire, même si ça n’explique pas toute la baisse. »

 

Les ventes directes des éditeurs sont en légère remontée cette année, tirées par les ventes des éditeurs scolaires, qui ont engrangé 3 millions de plus qu’en 2012.

 

En librairie

 

Pour 2013, la remontée la plus marquée est celle des librairies, qui comptent 8,3 millions de dollars de ventes de plus qu’en 2012. « Ce sont surtout les librairies à succursales qui ont eu une augmentation des ventes », poursuit M. Allaire, avec 7,2 millions de dollars, contre 1,1 million en librairie indépendante.

 

Pour Katherine Fafard, la directrice générale de l’Association des libraires du Québec (ALQ), cette petite augmentation du côté des librairies indépendantes, « avec les quatre fermetures de librairies vécues en 2013 », est un signe réjouissant. « Le marché des librairies est si fragile, et les chiffres auraient pu être désastreux, qu’on peut applaudir cette petite augmentation. » Les libraires de son association lui ont mentionné un retour des lecteurs en librairies indépendantes, particulièrement en août et septembre, alors que le débat sur le prix unique du livre et sur l’importance « des achats locaux » de livres était à son apogée. « Un de nos libraires a même parlé de “ Noël au mois d’août…  » Pour la directrice, « le moindre retour que les indépendants peuvent cueillir, le plus petit pourcentage de lecteurs qu’on convainc de revenir en librairie fait toute la différence ». Et ce, même si elle souligne dans la foulée que l’augmentation des ventes en librairies indépendantes représente 0,5 %, alors que les dépenses récurrentes tels le loyer et les salaires sont en hausse d’au moins 2 %. « D’où, toujours, la fragilité… »

 

Chaîne

 

Blaise Renaud, le p.-d.g. de la chaîne de librairies Renaud-Bray, souligne de son côté que les ventes de livres numériques et les ventes en ligne ont pu faire pencher la balance : ces systèmes de ventes demeurent plus développés et plus publicisés sous les bannières des grandes chaînes, et ces ventes sont en croissance.

 

La petite surprise vient des ventes en grandes surfaces, qui ont à peine suivi la remontée, empochant 390 389 $ de plus que l’an dernier. Est-ce parce que ces points de vente restent tributaires des best-sellers ? La liste des ouvrages à succès 2013 n’est pas encore complétée, la question reste donc en suspens, mais Katherine Fafard, pour l’ALQ, indique « qu’au pifomètre, il y a eu moins de gros best-sellers en 2013. Cinquante nuances de Grey, c’était surtout en 2012, et même du côté des livres de cuisine, s’il y a eu plusieurs titres importants, il est dur de nommer une locomotive », comme on peut le faire certaines années.

2 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 avril 2014 07 h 43

    Lecture.

    On sait que 49 % des gens d'ici ne savent à peu près pas lire. L'État en fait peu de cas,c'est mieux ainsi, plus de manipulabilité. Les librairies devraient se substituer à l'État de façon créative et économe ( forcément!) pour contribuer à renverser cette tendance. Merci et bonne chance!):

  • Réjean Guay - Inscrit 17 avril 2014 09 h 02

    49 % d'analphabètes ici ? Attention , les difficultés de lecture sont variables et souvent multiples . Cela ne veut pas qu'ils ne savent pas lire du tout . Beaucoup sont fonctionnels . Les troubles d'apprentissage y sont pour beaucoup , mais il y a quelque chose de pire : au Québec , la lecture , l'écriture ne semblent pas importantes ; la langue française est devenue comme une sorte de honte pour plusieurs de mes compatriotes , et il ne faut surtout pas paraître intellectuel ( j'en connais qui refusent de porter des lunettes , celles-ci étant supposément l'apanage des intellectuels ! ) . C'est triste à dire mais les Québécois fantasment plus sur l'anglais ... Ça c'est important , mais la langue de leurs pensées , de leurs rêves et de
    leur identité , bof !