Livre – Hobbledehoy, Ed Alcock et Emmanuel Carrère

Lorsque Ed Alcock était enfant, son père l’appelait tendrement « Hobbledehoy », vieux mot étrange, équivalent de « grand dadais ». Ce mot a inspiré le photographe anglais à fixer à son tour le bonheur auprès de Muriel, sa femme, et de leur fils Nino. Cette douceur intime, Emmanuel Carrère l’invoque sous forme d’un livre d’art, 34 images publiées entre un récit et sa traduction, avec une notice d’Alcock, en anglais. Carrère y raconte sa découverte d’un carton de photos oubliées, dans une pièce d’une maison des Alpilles louée pour passer l’été en famille. De cette plongée dans l’intimité d’inconnus, ses pensées sont restées suspendues à la présence troublante d’un bonheur enfui. Les photos d’Alcock distillent aussi cette sensation de mélancolie et de temps arrêté. Paysage aride, mer, jeunesse, corps détendus, couleurs douces, fragilité des êtres, pureté. On a tous un bonheur ainsi gravé, qui ne demande qu’un miroir pour renaître.

Hobbledehoy