Sensations du temps

Créé en 2000, le Prix des lecteurs Radio-Canada promeut la littérature issue des milieux francophones minoritaires au Canada. Six œuvres de fiction concourent. Le lauréat 2014 sera connu le 30 avril à l’émission Pénélope McQuade. D’ici là, Le Devoir présente un finaliste chaque semaine.

Le premier roman de Pierre-Luc Landry, L’équation du temps, prête vie à trois personnages dont les destins se frôlent ou s’entrecroisent au long d’une dizaine d’années. Un jeune fugueur homosexuel qui deviendra photographe à Vancouver. Une jeune femme passionnée qui rêve d’écrire. Un professeur de français devenu libraire, nomade en fuite qui aimerait avoir un but dans la vie et « faire comme les gens normaux ». Suicidaires ou solitaires, c’est un même vide existentiel et une même envie de disparaître qui relie ces personnages, vernis par une couche de mystère et de réalisme magique.

 

Dans un style effacé et mélancolique dont la tonalité se situe quelque part entre celles de Jacques Poulin et de Paul Auster, Pierre-Luc Landry déploie dans L’équation du temps une écriture attentive aux sensations, mais un peu éloignée des remous profonds de l’âme et du corps.

 

Un premier roman plutôt maîtrisé, malgré ses boursouflures narratives qui intriguent sans trop convaincre. L’essentiel est sans doute ailleurs : dans la lutte de ces êtres qui affrontent comme ils le peuvent la solitude, l’immobilisme et les étendues marécageuses de l’existence.


Collaborateur

L’équation du temps

Pierre-Luc Landry